Talleyrand et le thermalisme

Dr Guy Rérolle

Talleyrand fut un curiste persévérant qui attendait de ses nombreuses cures thermales un soulagement aux douleurs causées par son infirmité. Il effectua une trentaine de cures à Bourbon-l’Archambault, depuis juillet 1801 - il était alors ministre des Relations extérieures du consulat - jusqu’à 1832, alors qu’il était encore ambassadeur à Londres.

Les pages suivantes consacrées aux différentes villes thermales que Talleyrand fréquenta sont tirées (pp. 112 à 136) du livre du Docteur Guy Rérolle « Talleyrand Souvenirs actuels… » Editions Clea.

Encore un livre sur Talleyrand ! C’est vrai, mais celui-ci est complètement différent des autres. C’est un guide qui permet de retrouver Talleyrand dans les lieux si variés qu’il « a habités» non seulement de sa présence mais aussi et surtout de son esprit et de son action. C’est alors un plaisir de redécouvrir, guide en main, des lieux que l’on croyait bien connaître. C’est un guide, certes, mais un guide érudit car l’auteur non seulement a parcouru tous les lieux qu’il mentionne, y compris le Château Haut Brion et l’îlot de Dino, mais a aussi fréquenté les bibliothèques et travaillé sur des documents. Cette recherche à la fois géographique et historique permet à l’auteur de discuter en toute liberté des souvenirs que l’on croyait devenus vérité officielle avec le temps !

Talleyrand, écrit Guy Rérole, fit quelques infidélités à Bourbon-l’Archambault, sa station préférée, en particulier mais non exclusivement, en 1806 à Wiesbaden proche de Mayence où il avait rejoint Napoléon et en juillet 1829 à Aix- La-Chapelle. Il se rendit pour la dernière cure de sa vie en 1835 à Bourbonne-les-Bains, où il était déjà venu en 1813.

Pierre Guimbretière


FORGES- LES- EAUX

1757 fut une bien mauvaise année pour la famille Talleyrand : le fils aîné Alexandre-François-Jacques mourut au mois de mars à l’âge de 5 ans d’une affection pulmonaire probable. Charles-Maurice, qui avait 3 ans, était en mauvaise santé et commençait à souffrir à la marche de son pied bot droit. Sa mère, anxieuse à la suite de la mort de son fils aîné, s’en inquiétait et envisageait de le faire examiner, sinon appareiller. Aucune négligence ne peut lui être reprochée contrairement aux allégations de Charles-Maurice reprises par certains historiens parmi les meilleurs. Alexandrine, comtesse de Talleyrand, sa mère, avait une fonction à la Cour et se trouvait dans la même condition que celle des jeunes femmes qui, de nos jours, ont une activité professionnelle.

Mais dans la même année, elle présenta une fausse couche qui, à l’époque, entraînait une hémorragie non soignée, par conséquent une anémie. Elle décida d’aller « prendre les eaux » à Forges et d’y emmener son fils Charles-Maurice. Ce choix était judicieux pour l’une comme pour l’autre. Forges-les-Eaux, station thermale de Normandie en pays de Bray, aux confins de la Normandie, de la Picardie et de l’Ile-de-France, dut la renommée de ses eaux ferrugineuses (1) au séjour qu’y firent en juin et juillet 1632 Louis XIII, vieux Roi de 32 ans épuisé par une anémie consécutive aux saignées, la reine Anne d’Autriche pour sa stérilité et Richelieu pour la gravelle (2). On déduisit de ces précurseurs le nom de chacune des trois sources : la Royale, la Reinette, la Cardinale, les Trois Grâces (ph). Et on mit la station thermale sous le patronage de Saint Eloi, patron des forgerons.

Pendant 150 ans, Forges reçut les « baigneurs », qui ne s’appelaient pas encore « curistes », les plus illustres du royaume et de la noblesse. Madame de Sévigné, qui est souvent signalée partout où elle n’est pas allée, bénéficia du parrainage d’un vieux chêne : « l’arbre de Madame de Sévigné ».

L’indication principale des eaux de Forges était donc l’anémie par manque de fer … Mais les indications secondaires étaient comme toujours multiples : asthénie, convalescence, stérilité, hydropisie ( ?) … et plus globalement les maladies de langueur, les tempéraments lymphatiques et les douleurs digestives.

Pour la stérilité, le résultat pouvait se faire attendre : Louis XIV naquit le 5 septembre 1638, 6 ans après la première cure que fit Anne d’Autriche … Quant à Charles-Maurice, l’orthopédie infantile ne figurait pas dans les indications de cette station. Mais le séjour avec sa mère a dû lui être bénéfique. Il n’en parle pas. Reconnaissons que l’indication thermale était plus maternelle qu’infantile.

Après 150 ans de prospérité,à Forges comme ailleurs, le thermalisme se vulgarisa au profit de la bourgeoisie, seule héritière de la Révolution, et devint payant. Puis il sombra un certain jour d’août 1914 pour ne reprendre que modestement entre les deux guerres. En 1940, on publiait encore une photo du parc de l’établissement thermal (1b) (ph)

Et maintenant : Forges-les-Eaux, chef-lieu d’une communauté de communes de la Seine-Maritime, dans sa verdoyante « petite Suisse normande », n’a pas renoncé à ses traditions hydrothérapiques et a renoué avec ses sources : cette station climatique et touristique bénéficie d’un club Méditerranée qui comporte des équipements hydrothérapiques, balnéothérapiques, esthétiques etc …, conformes au concept « Spa » :
« Sanitas Per Aquas » (2b). Comment ne pas évoquer les eaux ferrugineuses de la station thermale belge Spa ?

BOURBON-L’ARCHAMBAULT

Tout a été dit et écrit, et parfois compris, sur l’origine des bourbons, des bourbonnes, des bourboules et l’étymologie n’est pas la préoccupation de l’auteur qui laisse aux savants les commentaires appropriés concernant Borwo, ce dieu de l’eau chaude, qui a permis à Paul Bourget (3) d’écrire au sujet de Bourbon-l’Archambault : « la cité qui a le plus beau nom de France ». Je partage cette appréciation.

Plus étrange est de constater que dix descendants en ligne directe des « Sires de Bourbon » (4) se prénommèrent Archambaut. Le frère puîné de Charles-Maurice, né huit ans après lui et mort dix neuf jours avant lui, reçut ce prénom …

Charles-Maurice effectua une trentaine de cures à Bourbon-l’Archambault depuis juillet 1801 –il était alors ministre des Relations Extérieures du Consulat- jusqu’à 1832, alors qu’il était encore ambassadeur à Londres.

 

 

 

 

 

Il fit quelques infidélités à sa station préférée, en particulier mais non exclusivement (5), en 1806 à Wiesbaden, proche de Mayence où il avait rejoint Napoléon, et en juillet 1829 en Prusse rhénane à Aix-la-Chapelle. Il se rendit pour la dernière cure de sa vie en 1835 en Haute-Marne à Bourbonne-les-Bains, où il était déjà venu en août 1813, station de l’optimisme puisque des panneaux installés aux sorties de la ville représentaient il y a quelques années un curiste hilare jetant sa canne en l’air.

En 1812, son plus jeune frère Boson vint aussi à Bourbon-l’Archambault soigner sa surdité « avec un zèle qui est admirable » par des douches sur la tête sans résultat appréciable ni sur l’audition, ni sur la compréhension …

On peut se promener dans les rues de Bourbon sans rencontrer Talleyrand ailleurs que place des Thermes, sur le linteau de la porte d’entrée du pavillon Talleyrand (ph) qui fait partie d’un superbe ensemble hôtelier et traditionnel : le grand hôtel Montespan-Talleyrand et le logis Sévigné (ph). Charles-Maurice y logea lui-même à des dates dont il est impossible de faire la recension. Il utilisait également les services de cet hôtel pour y héberger sa nombreuse suite.

Madame de Montespan connut à Bourbon-l’Archambault, qu’elle fréquentait pour une gonarthrose, le début de la disgrâce royale. Mais elle fut beaucoup plus honorée que Charles-Maurice par les splendides allées situées à proximité de l’établissement thermal moderne (ph).

Madame de Sévigné, qui avait fait une cure à Vichy en 1676 et 1677, fit une cure à Bourbon plus tard pour un problème de main. Elle fit venir de Vichy des bonbonnes d’eau mélangées à l’eau de Bourbon et réchauffées dans les puits, ce qui lui permit d’écrire à son cousin Bussy-Rabutin : « Vichy se repose dans le sein de Bourbon et se chauffe au coin de son feu » …

Charles-Maurice se confia à la crénothérapie et semble en avoir éprouvé une certaine satisfaction, surtout quand Madame de Dino l’accompagnait. Il arrivait que celle-ci allât en cure à Néris, qui faisait merveille dans les affections … psychosomatiques.

Pour Charles-Maurice, c’était quand même plus sérieux. Il faut reconnaître à cette thérapeutique un rôle bienfaisant sur l’élément douloureux et sur les raideurs articulaires. Les premières années, à partir de 1803, sa femme, dont il était pratiquement séparé, venait le retrouver pour la cure thermale, ce que Jean Orieux qualifie spirituellement de « cure conjugale ». Elle lui faisait la lecture.

Les eaux de Bourbon-l’Archambault furent donc certainement très bénéfiques à l’impotence de Charles-Maurice, mais la réciproque se vérifia pour une station thermale qui périclitait –comme la plupart- dans les suites de la Révolution. Contrairement à ce qui a été écrit, Charles-Maurice ne participa pas aux péripéties révolutionnaires quand il prenait les eaux à Bourbon l’Archambault, où il ne s’est rendu qu’à partir de 1801.

C’était un grand personnage qui était escorté d’une nombreuse suite, et à qui était réservée l’une des trois piscines aménagées dans « le logis du Roi » (6), et qui s’appelle toujours « la piscine du prince ». Comme le sera plus tard la sépulture de Charles-Maurice, cette « piscine du prince » est confisquée au public. Il est particulièrement irritant de constater combien des dispositions ou des contingences particulières peuvent contrarier l’intérêt historique.

Charles-Maurice résida dans le haut de Bourbon, dans le quartier de la Paroisse, à l’ancien Prieuré des dames bénédictines de Saint-Menoux, dans un site historique vendu, pillé et détruit par les Révolutionnaires. Il reste de ce prieuré un élégant bâtiment à usages administratif et utilitaire d’un collège moderne contigu. C’est là que Charles-Maurice « descendait » surtout probablement pour les dernières cures (ph) (7).

Le curiste se faisait transporter chaque matin aux bains en chaise à porteurs, et descendait au Logis du Roi par les rues pentues qui existent toujours, la rue de la Paroisse et la petite rue Pacaud (ph). Les riverains de ces rues, ou les passants, étaient habitués à entendre le curiste emmitouflé pester contre les irrégularités de la chaussée et la maladresse des porteurs, l’un petit, l’autre grand, qui intervertissaient leurs postes pour la montée et pour la descente afin que la cabine restât horizontale pendant le transport sanitaire. Les bains étaient prolongés. L’eau thermale à 52° devait être rafraîchie. La « cure de buvette » consistait en l’absorption de cinq verres d’eau tiède et nauséabonde. Le traitement était parfois complété par la pose de « cornets », cornes de bovidés évidées, percées à leur extrémité pointue et dont le pavillon était posé à plat sur le dos. Le « poseur » aspirait l’air par la pointe percée puis obturée par la cire. C’étaient des ventouses, qui existent toujours au musée. Ont-elles servi dans la thérapeutique d’un pied bot douloureux ? On peut se le demander.

Les cures de Charles-Maurice à Bourbon furent marquées par quelques épisodes conjugaux ou para-conjugaux. A partir de 1803, une fillette de 5 ans, prénommée Charlotte, accompagna à Bourbon les époux Talleyrand qui lui manifestaient beaucoup d’affection et d’attachement, « figlia di genitori incogniti », comme l’indiquera son acte de décès survenu à Florence le 22 janvier 1873. Elle naquit à Londres le 4 octobre 1799. Charles-Maurice lui fit épouser en 1815 un de ses cousins, Alexandre-Daniel, baron de Talleyrand. Elle n’était pas née de parents inconnus : Catherine Worlée, récemment divorcée Grand, était entrée en relations avec le ministre des Relations Extérieures et lui avait probablement témoigné sa reconnaissance de l’avoir protégée et hébergée alors que la Police la suspectait.

En juin 1815, à la fin du congrès de Vienne, Talleyrand et Dorothée de Courlande se quittèrent, Dorothée pour aller chercher en Autriche le comte-major Clam-Martiniz qui avait suivi l’armée et qui était son amant en exercice … Charles-Maurice pour rejoindre Louix XVIII qui était de mauvaise humeur à Mons. L’une et l’autre ramenèrent l’un et l’autre à Paris. Plus tard, Dorothée et Clam se séparèrent et la future duchesse de Dino se rendit à Bourbon-l’Archambault pour accoucher le 15 septembre 1816. La paternité ne peut être imputée à Charles-Maurice, puisqu’en décembre, l’infidèle était en Italie avec son major. A 4 heures du matin, au pont de Vernouillet, à la queue de l’étang proche de Bourbon, un nourrisson féminin « du jour » était remis à Pierre Buissonnier, laboureur du domaine de Salles (ph) par un inconnu qui lui demanda de se charger du nouveau-né contre rémunération. Déclarée sous l’état civil de Marie-Henriette Dessalle (Des Salles), elle mourut en 1905 et eut dans sa descendance directe Madame Germaine Engel, ex-pensionnaire de la Comédie Française, et Françoise Engel, épouse de Jean Piat, ex-sociétaire de la Comédie Française (8).

Tout proches de l’étang, sur la colline, se dressent encore les bâtiments d’un très ancien prieuré bénédictin très délabré, non entretenu, d’approche rébarbative, vendu comme bien national en mars 1791. Une vierge à l’enfant polychrome en fut extraite en 1936 et peut être admirée au musée de Bourbon dont elle constitue la plus belle pièce. Une légende de jeunes amoureux favorisés dans leur dessein par cette vierge en avait fait un lieu de pèlerinage le 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge …

Talleyrand fit pour Bourbon-l’Archambault beaucoup plus que d’y venir et ses séjours répétés et très accompagnés allaient en relancer l’activité thermale mise à mal dans les années 1790. Particulièrement, il obtint que la place des Thermes soit débarrassée de ses taudis et il les fit remplacer par un « pavillon » qui était une sorte de Casino, probablement pour son usage personnel et qui disparut en 1883 … Il participa également financièrement, par subventions privées et publiques, à la modernisation de l’hôpital tenu par les sœurs de Saint-Vincent de Paul, qui pouvait accueillir trois cents patients.

Un thermalisme moderne et attractif, polyvalent médical et technique a été mis en place et maintient dans cette station une fréquentation de curistes satisfaits malgré la régression généralement observée. L’aspect extérieur gai et coloré de l’établissement thermal, et la qualité originale des traitements proposés (ph) entraînent les résultats favorables constatés.

CAUTERETS

Charles-Maurice n’alla pas à Bourbon l’Archambault effectuer ses 15ème et 16ème cures annuelles en 1817 et 1818, et il eut bien raison. A la fin de celle de 1816, il avait été l’objet d’une cuisante vexation due au maire de la cité thermale, Hercule Secretan de Neuville, Ultra Royaliste de la pire espèce nostalgique et intransigeante qui perdura, et par la faute de laquelle –ou grâce à laquelle, suivant l’option- se produisit l’avènement de la deuxième République. Ce maire trop zélé reçut des remontrances de Decazes lui-même, ministre de la Police, qui lui rappela « le respect toujours dû au rang de Monsieur de Talleyrand », lequel déserta Bourbon … et se dirigea vers les Pyrénées qu’il ne connaissait pas. Il emportait dans ses bagages sa nièce Dorothée, prochaine duchesse de Dino, qui avait eu une promotion affective, probablement à Vienne.

La comtesse Tyskiewicz née Poniatowska, la seule femme qui lui fut sincèrement attachée et réellement fidèle, que Charles-Maurice récompensera par une sépulture proche de la sienne, était également du voyage. Son médecin accompagnant, le Docteur Guillaume Andral, médecin parisien célèbre (qualificatif toujours habituel de nos jours), successeur de Broussais dans la chaire de pathologie et de thérapeutique générale de la faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie des Sciences, gastro-entérologue et anatomo-pathologiste, et ayant donné son nom à un hôpital parisien aujourd’hui disparu, faisait partie du voyage.

Parti de Paris au milieu du mois de juin 1817, le convoi, après avoir gravi les gorges du Gave de Cauterets, parvient à la station le 7 juillet et s’installe à l’hôtel de France (ph), sur la rive droite du gave qui coule tumultueusement au milieu de la cité. Cet hôtel –qui n’en est plus un- existe toujours sous le nom de « résidence Napoléon », 10 rue de Verdun, peut-être en souvenir du court séjour qu’y fit l’impératrice Eugénie de Montijo. L’évocation de Talleyrand, dont on ne trouve aucune trace dans la station, aurait mieux convenu. Devenu une maison de rapport « qui était fréquentée par la belle société », il appartenait aux Rouhette. Le décor rupestre de jardins anglais, signalé en 1911, a disparu. L’élégante façade ne montre que des volets clos (hors saison).

Talleyrand, une fois installé, fit appel à deux professionnels : l’un chasseur d’ours, Michel Py, l’emmenait en excursions montagnardes en chaise à porteurs, accessoire indispensable à tout curiste peu ingambe, ce qui est habituel.

L’autre était tout simplement un médecin. Il y en avait alors deux, dits « médecins thermaux ». Charles-Maurice avait choisi le meilleur, c’est-à-dire le consultant le plus en vue, le Docteur Clément Labbat, dont le frère aîné, Joseph, médecin à Paris, soignait une clientèle aussi mondaine que rhumatisante. Ce qui fit la fortune de Cauterets en général, et du frère Clément en particulier.

Celui-ci estima que l’état de son patient Talleyrand nécessitait deux cures de vingt et un jours séparées par un intervalle de huit jours de repos, prescription compatible avec l’état du patient et les intérêts du médecin.

Mais quel état ? Le dépliant touristique fourni par l’Office municipal apprend que les cures de Cauterets traitent « les affections respiratoires et les douleurs rhumatismales pour le grand soulagement des curistes de 7 à 117 ans ». Charles-Maurice qui n’avait que soixante trois ans était donc parfaitement concerné, mais beaucoup plus par sa pathologie respiratoire qu’ostéo-articulaire puisqu’il a toujours été porteur d’une rhinite chronique avec bronchite d’accompagnement. Cette pathologie avait justifié à Bourbon-l’Archambault la thérapeutique astucieuse des cornets (9) et se traduira ultérieurement, en Angleterre en particulier, par une technique en fin de repas de lavage du cavum dont l’eau lustrale était aspirée par les narines et recrachée par la bouche.

A l’époque, le traitement thermal était administré à deux sources : celle du matin que Charles-Maurice n’a pas connue, aux thermes de César et des espagnols, bel établissement bâti au centre de la station en 1843, comportant une galerie intérieure avec les installations thermales et « présentant en façade un grand escalier extérieur conduisant à un péristyle soutenu par six colonnes de marbre gris ». Le fronton triangulaire semble avoir perdu l’indication « thermes » (ph.).

L’après-midi, il fallait se faire transporter dans une chaise à porteurs à deux kilomètres de Cauterets dans la montagne à l’acropole de la Raillière (ph) dont les eaux avaient la spécificité de guérir les maladies de la gorge, du pharynx nasal, les angines et les laryngites. Le gargarisme était à Cauterets « une partie sacramentelle de la cure » comparé à un « glouglou titanesque » (10).

Et maintenant ? Les eaux sulfureuses silicatées et sodiques sont restées celles que buvaient ou utilisaient Charles-Maurice et les curistes qui étaient vers 1850 au nombre de mille cinq cents personnes par jour, en majorité des femmes élégantes (à l’époque …). L’esplanade des Œufs qui n’a rien à voir avec les poules accueille agréablement le touriste, le curiste ou le skieur. A proximité, un mur décoré et un pylône de télécabine résument les deux aspects de Cauterets : montagne et thermalisme (ph). Cette place est bordée par le casino (ph), qui à l’époque de Talleyrand, avant la construction des thermes de César, était l’établissement thermal, et par une galerie de boutiques ou de terrasses d’architecture métallique provenant de l’exposition universelle de 1889. La gare des Œufs (ph), au fond de l’esplanade, est le point de départ de la route en direction de la buvette de la Raillière, et, de 1887 jusqu’à une date assez récente, d’un tramway électrique qui fit disparaître les diligences et les chaises à porteur qu’avait utilisées Charles-Maurice.

A la station supérieure de cette ligne de tramway dont la gare est très bien conservée par un bâti en bois, existe toujours un établissement thermal important qui porte encore les marques d’une utilisation récente attestée par des tarifs de consommation, alors que l’intérieur est passablement délabré. A côté, un centre de Rhumatologie paraît en meilleure santé.

Charles-Maurice séjourna à Cauterets du 7 juillet au 26 août 1817, soit pendant cinquante jours. Médicalement, le compte y est : vingt et un jours pour la première cure, huit jours pour le repos d’inter cure et vingt et un jours pour la seconde cure. Ces huit jours de repos furent employés par la petite troupe à bien voir les Pyrénées. Le « registre des étrangers venus à Bagnères-de-Bigorre » mentionne au 21 juillet le passage du Prince et de son entourage chez Madame veuve Bellegarde, allée des Coustous, cette belle voie arborée qui marque le centre de la cité thermale en remplaçement des remparts de Bagnères-de-Bigorre.

La maison de Madame Bellegarde devint l’hôtel Victoria, puis actuellement la résidence des Coustous, au numéro 18 de la place (ph), aménagée en appartements et cabinets professionnels, mais surtout distinguée du voisinage par une porte en plein cintre surmontée par la saillie décorative d’un linteau. Charles-Maurice emprunta ce passage. Il n’y revint pas : les touristes se rendirent à Pau où le postillon qui conduisait leur voiture la versa dans un fossé de treize pieds de profondeur, approximativement de plus de quatre mètres. Ce qui paraît quand même un peu exagéré, mais explique une contusion de l’épaule gauche que le Docteur Andral sut soigner.

En 1818, où Charles-Maurice effectua-t-il sa cure ? Une chose est sûre : pas à Bourbon-l’Archambault. Il serait allé dans une autre station pyrénéenne, Barèges, proche de Cauterets et du Tourmalet., avec Montrond, son âme damnée. Rien ne permet de l’affirmer. Pour d’autres, il serait retourné à Cauterets, ce qui paraît vraisemblable, puisqu’il l’avait annoncé à une amie, ce qui n’est peut-être pas une garantie de sincérité. Le même registre des étrangers de Bagnères-de-Bigorre indique que le 17 août 1818, Charles-Maurice s’était arrêté dans cette ville avec les mêmes compagnons et compagnes que l’an passé, auxquels s’étaient joints les deux fils de sa nièce, leur gouverneur et un homme d’affaires, tous logés dans la maison Miro (11).

BOURBONNE-LES-BAINS (12)

A Bourbonne-les-Bains, Charles-Maurice retrouva, à l’occasion de deux séjours qu’il effectua dans cette agréable station thermale située aux confins de la Lingonie et de la Séquanie, Borvo, dieu des eaux chaudes (13). Ce dieu guérisseur n’était pas seul : il était divinement accouplé à Damona dont Bourbonne conserve également le souvenir lapidaire.

Peut-être faut-il voir dans cette association avec une « déesse familière et bienfaisante » l’un des motifs de la fréquentation de Charles-Maurice à Bourbonne, la première fois en août 1813 et la seconde lors de laquelle il parvint à la station le 3 juillet 1835. Sa petite « nièce » Pauline de Périgord, alors âgée de 13 ans, vint y rejoindre son vieil « oncle » qui avait 82 ans (14).

Au sujet de la première cure, Charles-Maurice estima que les eaux procurent des moments propices, non pas pour se soigner, mais pour écrire : « point d’affaires » , écrit-il à la duchesse de Beauffrémont, « point de passion, de loisirs et du mauvais temps : écrivons. C’est ce que je fais toute la journée car il n’y a pas ici une personne à voir … » Et il occupe son désoeuvrement à commencer la rédaction de ses Mémoires … dont la duchesse de Dino saura lui reprocher un certain déficit de rigueur et de sincérité …

L’autre cure que Charles-Maurice suivit à Bourbonne-les-Bains en 1835 fut commentée par le Prince avec beaucoup plus de précisions et beaucoup moins de tolérance, bien qu’il écrivît à son confident et ami Adolphe de Bacourt, très intimement lié à la duchesse de Dino : « il me semble … que les cures de Bourbonne font quelque chose à mes jambes », mais il ajoute « les rues ici sont mal pavées, la maison que j’habite mal carrelée … cependant, je ne suis pas tombé une seule fois » grâce à la surveillance attentive de Pauline.

En fin de cure, le bilan ne paraît pas avoir satisfait le curiste : « je croyais à quelque rajustement pour mes jambes à la suite des eaux de Bourbonne, mais elles m’ont laissé dans le pauvre état où elles étaient ». Quant à la qualité du séjour, elle est parfaitement insupportable : « je suis le seul buveur d’eau … le seul baigneur, je n’ai pas un livre, il n’y a pas de promenade, les poulets sont étiques, on défend les légumes, les épinards seuls qui sont permis sont réputés être des primeurs ». Ces précisions potagères et légumières sont des appréciations personnelles …

Cette cure à Bourbonne fut la dernière de toute l’existence de Charles-Maurice qui mourut trois ans plus tard.

La station thermale, qui depuis l’époque gallo-romaine avait continué à prospérer sous l’œil bienveillant de Borvo et Damona, fut vendue partiellement en 1324 au roi Charles IV le Bel, vente suivie de nombreuses péripéties et transmissions inénarrables.

Au début du XVIIIème siècle, elle fut qualifiée de « premiers bains de l’Europe » … Il serait intéressant de pouvoir décrire les autres ... Toujours est-il qu’en 1749, les bains sont pris en commun dans de grands bassins. Les clients fortunés se font livrer l’eau thermale avec des tonneaux remplis à la fontaine chaude, ce qui ne semblait pas altérer sa vertu thérapeutique.

Le thermalisme militaire eut longtemps une importance prépondérante et déterminante, et en 1813, Charles-Maurice vint y rejoindre les rescapés des guerres napoléoniennes et révolutionnaires qui venaient soigner leurs séquelles de fractures et les impotences douloureuses d’amputation.

Depuis 1702, un Hôtel-Dieu avec Maison de Charité avait sollicité et obtenu sa transformation en Hôpital civil … mais dont le principal objectif était de « soulager les soldats, dragons et cavaliers ». Cet établissement avait l’obligation de les accueillir à leurs frais et en priorité du début du mois de mai au 15 juin, et du début d’août jusqu’à fin septembre. Les soldats devaient, à leur admission, déposer leurs armes entre les mains de la supérieure … Ce fonctionnement intermittent et imposé devait entraîner quelques problèmes pour la gestion de l’établissement.

En 1730, on construisit l’hôpital militaire royal terminé en 1735, réservé aux hospitalisations et aux soins médicaux. Les soins thermaux étaient donnés aux bains publics auxquels on ajouta deux bassins qui pouvaient contenir deux cents soldats … On ne sait pas si c’était dans chaque bassin. En 1811, Napoléon acquit les sources et les installations thermales, sous menace d’expropriation …

L’établissement thermal militaire contenait cinq cent cinquante lits (à une place, était-il précisé …) accueillant quatre vingts officiers et trois cent trente sous-officiers et soldats, quatre mois par an … Il en manquait cent quarante à l’appel …

Les thermes militaires furent mis hors service en 1940 et les curistes de l’Armée reprirent le chemin des bains publics … Mais l’hôpital militaire eut jusqu’en 1977 une affectation très bénéfique. Ce beau bâtiment fut utilisé comme lieu d’hébergement, centre de soins, d’observation, d’examens et de repos, dans lequel dirigeaient et exerçaient des médecins militaires de qualité. Il accueillit prioritairement des titulaires de l’Article 115, parmi lesquels de nombreux déportés (15). Cet hôpital fut désaffecté en 1991, date à laquelle il fut acquis par la ville de Bourbonne, avec participation financière européenne, régionale et départementale.

Et maintenant ? La station thermale de Bourbonne-les-Bains occupe depuis la saison 1964, par le nombre de curistes, la première place dans le groupe des stations thermales de l’Est de la France. En 1985, le culmen de fréquentation a été de 15 422. Actuellement, le nombre se maintient aux environs de 12 000, accueillis entre le 7 mars et le 26 novembre. Les eaux sont hyperthermales à 66 °, oligo-polymétalliques, chlorurées sodiques, sulfatées calciques avec émanation radio-active de radon … Doctus cum libro … L’indication principale est la rhumatologie et les séquelles de traumatismes ostéo-articulaires avec une action primordiale sur les retards de consolidation et sur l’élément douloureux. Les indications secondaires sont l’ORL et les affections respiratoires (16)

Le moderne et confortable établissement thermal actuel a été construit de 1977 à 1979 (ph). La « Fontaine chaude », élégant petit édifice construit en 1865 devant les thermes était destinée aux habitants de Bourbonne (ph). A côté, dans le parc des sources, une fontaine réunit dos à dos les statues de la Saône et de la Meuse : symbole de la ligne de partage des eaux entre Mer du Nord et Méditerranée.

Le Thermalisme de Bourbonne-les-Bains fut fréquenté de tout temps par des personnages célèbres, de qualité très différente … Chateaubriand, qui y vint en 1843 –fort heureusement huit ans après le prince, lui qui avait vu « le vice appuyé sur le bras du crime » en regardant passer devant lui Talleyrand soutenu par Fouché, … le maréchal de Mac Mahon, Paul Déroulède qui aurait composé à Bourbonne « le clairon » dans sa série « chants du soldat » … et Raimu, Paul Guth, Claude Autant Lara et combien d’autres, sans oublier Michel Platini, personne ne l’ignore, footballeur français du plus haut niveau dans les années 80. Il vint effectuer une cure thermale à Bourbonne à la suite d’un traumatisme de la cheville droite, celle qui tire les « coups francs », spécialité, paraît-il, de ce grand joueur … Arrivé à la station avec des cannes anglaises, il repartit sans celles-ci, et avait été reçu à la mairie.

Ce fut une authentique illustration et confirmation des panneaux routiers qui, il n’y a guère, annonçaient l’arrivée à Bourbonne par un invalide cramponné à sa canne et la sortie de l’agglomération par un joyeux curiste-majorette projetant sa canne en l’air. La municipalité fit déposer ces panneaux, jugeant ce symbolisme un peu trop comique pour être pris au sérieux. C’est bien dommage car il est rare que la médecine ait une expression amusante …

Depuis 1990, la ville de Bourbonne a bénéficié d’aménagements urbains, de rénovation et de modernisation. Les curistes ou touristes qui l’avaient fréquentée auparavant constatent des améliorations qui en rendent le séjour agréable. Un grand casino, complément touristique distractif indispensable et habituel du thermalisme dont la façade n’est pas l’élément le plus esthétique de la cité, contribue efficacement à l’attractivité de la cure.

Les aspects touristiques de Bourbonne-les-Bains montrent une région pittoresque (17) dont les organismes locaux favorisent et conseillent les visites et excursions. Certaines sont uniques, en particulier Fayl-Billot, capitale française de l’osiériculture et de la vannerie, avec son école nationale.

Et à vingt kilomètres de Bourbonne, on peut découvrir des vestiges de la grande période cistercienne du XIIème siècle, réduits à la porterie d’entrée de l’abbaye de Morimond et au portail d’une chapelle. Cette abbaye fut l’une des quatre filles de Cîteaux … (18)

Au cours de l’été 1806, Charles-Maurice, devenu depuis le 5 juin Prince de Bénévent, est retenu à Paris pour la préparation et la signature du traité constituant la Confédération des Etats du Rhin.

Il avait donc un sérieux motif pour être infidèle à Bourbon-l’Archambault. Mais comme il devait rejoindre son maître Napoléon qui était parti pour Iéna et Berlin, il en profita pour faire une cure à Wiesbaden, capitale du land de Hesse, qui est, paraît-il, l’âme de l’Allemagne.

En septembre, il se rendit donc aux eaux de Wiesbaden avant d’arriver à Mayence le 7 octobre. Il y retrouva Hortense de Beauharnais, future ex-reine de Hollande, récemment promue, qui fut ensorcelée par le prince pour « son commerce si doux et si facile » auquel elle n’était pas habituée.

Wiesbaden n’était pas –et n’est toujours pas- une station thermale de la modestie. Cette « waltkurstadt » (19) distribue depuis les romains par vingt-six sources des eaux salées hypothermales à 46° et hyperthermales à 66°. La différence entre chaud et froid n’est pas très sensible. A partir du XIXème siècle, elle fut fréquentée par les têtes couronnées et celles de la haute noblesse entre lesquelles la différence n’était guère plus perceptible que pour la température de l’eau.

Mais surtout, la « Nice du Nord » offre aux curistes l’historique « kurhaus » qui abrite les plus beaux casinos d’Europe, et a probablement constitué un facteur favorable pour Charles-Maurice … Et la « Porte du Rheingau » ouvre Wiesbaden sur l’un des plus beaux vignobles d’Allemagne …

En juillet 1818, au congrès d’Aix-la-Chapelle (Aachen) au cours duquel furent négociées et obtenues « la libération de la France » et « sa réintégration dans le droit public européen », ce n’est pas Charles-Maurice qui y participa, mais son cuisinier Carême qu’il avait prêté au Tsar (20).

Par contre, il se rendit dans cette cité carolienne qui est la ville d’Allemagne située le plus à l’ouest, en juillet 1829, alors que sa petite « nièce » Pauline passait des vacances pluvieuses aux bains de mer réputés de … Boulogne-sur-Mer (21). Il avait quitté Pont-de-Sains le 28 juin et sera de retour à Paris le 20 juillet, après sa cure aixoise, ce qui lui avait ménagé une durée honnête de « Soins » thermaux …

C’est dans le courant de ce mois de juillet 1829 qu’est organisée à Aachen une réunion de famille improvisée soigneusement. L’ex-reine Hortense retirée à Arénenberg, en Suisse, décide d’aller rendre visite à son frère Eugène, décédé à Munich. Elle en profite pour faire un petit détour par … Aix-la-Chapelle, et y rencontrer Talleyrand et la fidèle princesse Tyskiewicz, Charles de Flahaut, fils de Charles-Maurice, et Auguste Demorny, qui, âgé de 18 ans, ne savait pas encore qu’il accompagnait son père … (22). Ils se rendaient en Angleterre, de Paris à Douvres, et avaient fait, eux aussi, un crochet par Aix-la-Chapelle …

Charles-Maurice avait donc déserté le bourbonnais au profit de la Prusse rhénane et écrivit à Pauline que les eaux d’Aachen « faisaient du bien à ses rhumatismes », appréciation traditionnelle … A Charlemagne, aussi, paraît-il, qui, avant son couronnement, prenait beaucoup de bains dans cette eau sulfureuse avec sa bonne odeur d’œuf pourri, distribuée depuis l’époque romaine par trente sources hydrominérales, les plus chaudes d’Europe centrale, entre 38 ° et …74°, et, de surcroît, curatives … C’était les bains de jouvence de l’éternelle jeunesse … les bains du rajeunissement. Charles-Maurice avait soixante-quinze ans et demi …

Les thermes et fontaines présents dans la ville contemporaine entourent les vestiges du passé. Le centre est occupé par l’hôtel de ville et par la cathédrale dont l’octogone de la chapelle palatine expose la châsse de Charlemagne.

Mais depuis le début de l’année 2001, les bains et saunas du centre thermal Carolus thermen qui offrent des immersions dans plus de dix températures différentes, luxueux et confortables, rattachent la ville à sa tradition bimillénaire …



1 In « Géographie du département de la Seine-Inférieure » de Monsieur l’abbé J. Bernel 1875

2 In « Histoire des Thermes de Forges-les-Eaux ». Docteur Tailleux

1b In « La Haute-Normandie ». Collection les Beaux Pays. Arthaud, éditeur. P 23 René Herval

2b « La santé par les eaux »

3 Paul Bourget : 1852 1935, écrivain royaliste, auteur à succès et à thèmes.

4 d’Aimon 1er (vers 900) à l’avènement de Louis 1er, premier duc de Bourbon, petit-fils de Saint Louis (1310) Archambaut ou Archambaud : prénom. Archambault : nom de lieu.

5 Voir les sous-chapitres Cauterets, Bourbonne-les-bains, Wiesbaden et Aachen

6 Le logis du Roi, de même que les établissements précités, est situé place des Thermes et est l’ancien établissement thermal. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont occupés par le musée Augustin Bernard installé depuis 1937 par les amis du Vieux Bourbon

7 Madame Paule Débordes, conseillère municipale qui remplit avec passion et compétence les fonctions de déléguée à la Culture et à l’Histoire de la cité, conservatrice du musée Augustin Bernard, souhaiterait attribuer à Talleyrand l’anonyme et centrale rue de l’hôpital.

8 In Talleyrand amoureux. Casimir Carrière. Editions France Empire 1975

9 Cf. le chapitre Bourbon-l’Archambault

10 Oscar Commetant. Journal de Cauterets

11 L’auteur n’a pas cherché à identifier cette maison.

12 Beaucoup de renseignements contenus dans ce chapitre ont été empruntés à « Bourbonne-les-Bains et sa région ». Histoire et Tourisme. Nouvelle édition revue et corrigée 2005 – Editions Dominique Guéniot – Langres – par Henry Troisgros, adjoint au maire de Bourbonne-les-Bains, historien de la cité, qui m’a accordé un long entretien, complaisant et documenté. D’autres éléments ont également été empruntés au Talleyrand d’André Beau, op.cit, et au Talleyrand d’Emmanuel de Waresquiel, op.cit.

13 Borvo : en langue gauloise : je bous
Lingonie : le Langrois, Gaule celtique
Séquanie : pays de la Saône, Gaule celtique.

14 Notons cependant qu’une cure à Bourbonne-les-Bains, qui est loin d’être inactive, est peu recommandée à cet âge, surtout chez une personne présentant une (prétendue) affection cardio-vasculaire.

15 L’article 115 donne droit aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre aux soins gratuits en relation avec l’affection pensionnée.

16 A Cauterets, c’est plutôt l’inverse. A Bourbon-l’Archambault, les voies respiratoires sont remplacées par la gynécologie …

17 Cf. «Bourgogne et sa région » op.cit.

18 Il serait difficile de ne pas les citer chronologiquement : la Ferté, près de Chalon- sur-Saône, 1113, Pontigny, près d’Auxerre, 1114, Clairvaux, près de Bar-sur- Aube, 1115, et Morimond, près de Langres, 1115.

19 « Une des villes de cures les plus courues au monde » - Ce qui était la « plus belle maison de cure du monde » est maintenant répartie en deux complexes thermaux de grand luxe. L’un des deux se caractérise par des bains romano-irlandais et des bains au rassoul dans le style oriental. Les indications thérapeutiques de cette station thermale sont tellement variées qu’elles deviennent toutes secondaires. Administrées en boisson ou bains-douches, les eaux chlorurées sodiques ou carboniques fortes traitent les rhumatismes en priorité, comme toute crénothérapie. Mais ces eaux ont également comme vertus polyvalentes une action purgative, ce qui est relativement banal, et d’autres plus hermétiques : action « diaphorétique », donc qui fait suer et action « sialagogue », indication plus spécifique qui se limite à la salivation …

20 En fait, Carême n’était plus le cuisinier de Charles-Maurice, qui ne l’a employé que pendant douze ans …

21 C’est pendant cet unique séjour à Aachen que la comtesse Bruyère dessina Charles-Maurice debout, dessin souvent reproduit en situs inversus, en inversant les côtés droit et gauche, décrit par Lacour-Gayet sans se rendre compte de l’inversion (ph).

22 In « Morny, le Vice-empereur », Michel Carmona – Fayard – mars 2005 – page 56