Le Congrès de Vienne

"Pour que cela aille bien, il faut que chacun parte mécontent et ait dû faire des sacrifices. C'est de ces sacrifices partiels que doit naître l'accord de tous, le bien général." (Talleyrand)

 
  
   

Peinture de Lawrence
Le vicomte de Castlereagh
 
 

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Arthur Wellesley
duc de Wellington
 
 


Charles-Maurice Talleyrand- Périgord
 
 
 
 

Franz Krüger -Postdam
Le roi Frédérique Guillaume III
(1770-1840)
 
 
 
 
 
 

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Charles Auguste prince Hardenberg
(1750-1822)
 
 
 
 
 
 

François Pascal Simon Gérard - Ermitage de Saint Petersbourg
Le tsar Alexandre Ier

J. Bothmann, d'après Krüger - Ermitage de Saint-Petersbourg
Karl Wassiljewitsch Nesselrode


André Kirillowitsch
prince Razumovsky
 
 

Peinture de Thomas Lawrence - Chancellerie de Vienne
Klemens Wenzel prince Metternich

Peinture de Thomas Lawrence - Musée d'Art de Vienne
Friedrich von Gentz
(1764-1832)

Les Acteurs 

(l'Acte final du Congrès énumère de façon détaillée la liste des titres portés par les différents participants qui signèrent cet Acte))

Angleterre

Le vicomte de Castlereagh, représentant de l'Angleterre, est certainement l'une des figures les plus singulières du congrès. D'origine irlandaise, il est froid, impénétrable. À son propos, le poète Shelley a écrit: "J'ai rencontré le Crime sur mon chemin, il avait le masque de Castlereagh". À la fois orgueilleux et timide, prendre la parole en public est pour lui un calvaire. Un manque de communicabilité féroce l'entraîne dans une mélancolie de plus en plus profonde, qui le conduira au suicide à la fin de sa vie. Sa vie privée, presque bourgeoise, amuse les étrangers qui se pressent à Vienne et se moquent des réunions dominicales, dans le salon de la Minoritenplatz, où l'on chante, en famille et entre amis, des hymnes de l'Église d'Angleterre. Et, de surcroît, il est marié à une sotte, dont l'idée saugrenue qu'elle a eu de se coiffer du ruban de la Jarretière dans un bal masqué n'a pas manqué de remplir les chroniques !

Arthur Wellesley, duc de Wellington
 
 
 
 
 
 
 

Sir Charles Stewart, le demi-frère de Castlereagh, s'il est bon diplomate, est vaniteux et hautain, ce qui le rend rapidement impopulaire parmi les viennois, qui l'appelle "Lord Pumpernickel".

France

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord (voir sur ce site), qui loge au palais Kaunitz, dans la Johannesgasse, a amené avec lui des diplomates de carrière: La Tour du Pin, Dalberg, La Besnardière, Alexis de Noailles, mais également...son musicien préféré, Neukomm, d'origine autrichienne. Le prince de Bénévent aime l'entendre jouer du piano, pendant qu'il travaille. C'est d'ailleurs cet amour de la musique qui le rend sympathique aux viennois. Le seul qui le comprend et l'estime, c'est l'empereur François.

Comte Louis de Noailles

Il est le fils de celui qui se rendit célèbre la nuit du 4 août 1789, en réclamant l'abolition des droits féodaux. Durant l'empire, il fut ardent royaliste, membre des Chevaliers de la Foi, ce qui lui valu d'être emprisonné. Libéré il va séjourner en Suisse, puis en Suède. Il est aide de camp de Bernadotte pendant les campagnes de 1813 et 1814.

Prusse

Le roi Frédérique Guillaume III

Frédérique-Guillaume III avait succédé, en 1797, à son père, Frédérique-Guillaume II. Après les catastrophes d'Iéna et d'Auerstaedt (1806) et la paix de Tilsitt (1807), qui voyait la Prusse perdre la moitié de son territoire, c'est en fait à sa femme, la reine Louise, que le pays doit de s'engager sur la voie de réformes et de mobiliser les forces de résistances contre Napoléon. L'alignement de la Prusse sur la politique de l'Autriche et de la Russie, après la chute de Napoléon, correspond aux idées conservatrices de Frédérique-Guillaume.

Le roi de Prusse fut nommé, durant le congrès, commandant du 10ème régiment de hussards autrichiens (en "échange", l'empereur François devenait commandant d'honneur du 2ème régiment de grenadiers prussiens...)

Le prince Hardenberg

Depuis 1804 ministre des Affaires Étrangères, le prince Charles Auguste Hardenberg se veut le défenseur des moyens diplomatiques pour s'opposer à Napoléon. Après l'échec du traité de Postdam en 1806, il est remercié, mais est rappelé l'année suivante. Il est tenu à l'écart des négociations de Tilsitt, mais prépare pour le roi Frédérique Guillaume III une note sur la réorganisation de la Prusse et, en 1810, jette les bases de réformes importantes, dont l'abolition des corporations. la sécularisation des biens du clergé, l'égalité des juifs et, en partie, la libération des paysans. Après la signature du traité de Paris, le 30 mai 1814, il est élevé au rang de prince, pour remerciement des services rendus durant la guerre de libération. Durant le congrès, il va être à l'origine de gains territoriaux importants pour la Prusse

Le baron Guillaume de Humbolt

C'est le frère du célèbre naturaliste. Il a fait de brillantes études et occupe une place importante en Prusse. Il est notamment l'un des artisans du réveil prussien après le désastre d'Iéna. Il est le fondateur de l'université de Berlin en 1810.

Russie

Le tsar Alexandre Ier est sans conteste le souverain le plus populaire de tous ceux qui vont séjourner à Vienne. Pourtant c'est un être insaisissable, à jamais marqué par les conditions de son accession au trône. Pourtant cet homme est lointain et sombre dans les réception les plus gaies, car il ne se plaît qu'au milieu de ses soldats. Aux bals il préfère les parades militaires. Bien que sa femme, la tsarine Élisabeth, l'accompagne à Vienne, les potins viennois lui prêtent de nombreuses conquêtes: la duchesse de Sagan, la princesse Bagration, la comtesse Narischkine, Julie Zichy.

Le comte Karl Wassiljewitsch Nesselrode était le fils de l'ambassadeur russe à Lisbonne. La montée sur le trône du tsar Alexandre, il est diplomate en poste au Württemberg, puis Secrétaire de la représentation russe à Berlin et à La Haye. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Metternich, avec lequel il va développer une grande amitié. Il accompagne Alexandre aux négociations de Tilsitt, puis devient ambassadeur russe à Paris (Metternich y représente l'empereur François). En 1810 il retourne à Saint-Petersbourg.C'est en tant que Secrétaire d'État qu'il est à Vienne.

André Kirillowitsch, prince Razumovsky
 
 
 
 
 
 

Autriche

Klemens Wenzel prince Metternich, au milieu du tourbillon qui agite le congrès, poursuit froidement son but: le retour de l'absolutisme. Il est haï par beaucoup, apprécié par d'autres, en particulier les petits souverains, dont il défend les intérêts par soucis de "légitimité". Homme de contrastes, il est hostile à tout ce qui tendait au libéralisme, mais professe, en matière de politique étrangère, des opinions avancées, car il croît fermement au "concert européen", qu'il juge supérieur aux intérêts particuliers de chaque État.

Le faste qu'il affiche, qu'il organise, est en fait destiné à rehausser la grandeur des Habsbourg et...à montrer la bonne situation financière de l'Autriche. Il ne va pas y gagner en popularité auprès de la classe moyenne, au fur et à mesure que le coût de la vie va augmenter.

Friedrich von Gentz était né à Breslau en 1764. Rempli d'idées libérales, il entre à la Chancellerie d'État, où il est mène le camp partisan de la guerre, en 1809 et 1813. Il gagne la confiance de Metternich et est nommé Secrétaire du Congrès (poste sous lequel il est mentionné dans les esquisses d'Isabey - voir le Congrès en images).