Le Cuisinier de Talleyrand

Eric Schell

Dans la série «Grand Détective» 10/18, l’auteur Jean-Christophe  Duchon-Doris nous donne un roman policier publié chez Julliard en 2006 intitulé le Cuisinier de Talleyrand et sous-titré « Meurtre au Congrès de Vienne».

Nous voici donc dans les cuisines du Palais Kaunitz à Vienne à l’automne de 1814, avec  comme personnage principal le cuisinier de Talleyrand, Antonin Carême.
Dans une ambiance très gastronomique où nous nous délectons de la lecture et du commentaire sur les plats préparés pour les fastueux et raffinés dîners du Prince des Diplomates, s’emmêle une affaire crapuleuse et criminelle qui nous rend d’une manière assez vraisemblable l’arrière-plan de l’espionnage par la police autrichienne lors des pourparlers et des séances du Congrès de la Paix à Vienne.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre comme une lecture d’été, sans prétention historique, où le personnage de Talleyrand n’apparaît que d’une manière épisodique au côté de la Duchesse de Dino, (dont l’auteur , à mon grand regret, ne résiste pas à faire sa maîtresse, reprenant ainsi un des  nombreux clichés de la petite histoire). En revanche le personnage de Carême apparaît dessiné avec beaucoup plus de précision et l’on voit que l’auteur s’est intéressé à sa biographie ainsi qu’à sa volonté de recréer des pièces d’architecture pour les grandes tables aristocratiques de ce début du 19e siècle.

À lire donc ce petit ouvrage particulièrement gustatif et savoureux qui nous donne à chaque chapitre l’eau à la bouche... et nous replace dans l’intimité du train de maison de Talleyrand .