A Valençay sur les traces de Talleyrand

Dans la seconde partie de sa vie politique, Talleyrand, séjournant plus souvent à Valençay, s’est intéressé de près à la vie locale : il fut maire de 1826 à 1831, conseiller général de 1829 à 1836 et resta conseiller municipal jusqu’à sa mort. On trouve dans la ville, nombre de lieux rappelant sa présence ou son action.
On propose ici une promenade à travers Valençay qui permettra de voir les principaux de ces lieux, d’environ 4 km et d’une durée d’une heure et demie ; promenade pouvant être interrompue à tout moment et qui peut-être aussi faite en voiture.

Elle s’effectue suivant un itinéraire qui passe, si on le souhaite, par le château, continue vers le centre de la ville où se trouve le tombeau de Talleyrand, va jusqu’à l’église, revient par le bas de la ville, arrive à la filature, continue vers La Garenne, puis l’ancienne gendarmerie pour revenir au point de départ.

Début de la promenade

A partir du parking de l’Office de Tourisme du Pays de Valençay, 2 avenue de la Résistance, (téléphone 02 54 000 442), aller devant la « grille de fer », nom traditionnel de la grille d’honneur du château, d’aspect très ordinaire, voulue par l’architecte Renard au service de Son Excellence le ministre des Relations extérieures, et réalisée par la forge de Luçay-le-Mâle.
On remarque sur la gauche de la grille, un plot en laiton incrusté dans le pavement sur lequel se profile l’image de Talleyrand et portant en exergue « Tombeau de Talleyrand ». Suivre ces plots conduits au tombeau de Talleyrand par le plus court chemin.
Sinon, franchir la grille et monter jusqu’au hall d’accueil si on désire visiter le château et le parc attenant ; sinon, une fois sur le plat, tourner à gauche par la sortie du château sur la ville : c’est alors la rue du château. Le couronnement du haut mur de gauche porte la trace subsistante d’un mur dit à enroulements, pouvant remonter au XVIIème siècle. A droite, au dessus de la porte piétonne, remarquer les impacts de balles allemandes ayant abattu un gardien du dépôt des Musées nationaux replié à Valençay pendant la dernière guerre, en service, le 16 août 1944. Le trottoir de droite porte les plots déjà évoqués, on aperçoit au centre du carrefour devant soi, le monument de Talleyrand.

 

1 – L’Hôtel d’Espagne

En avançant dans la rue du château, on remarque sur la gauche, le porche de l’Hôtel d’Espagne, ancien relais de poste nécessairement fréquenté par la suite nombreuse des princes espagnols exilés sur ordre de Napoléon 1er : don Ferdinand, 24 ans, don Carlos, 20 ans, et leur oncle don Antonio, 53 ans. L’illustre George Sand et ses invités à Nohant y vinrent ensemble en septembre 1834, lors d’un déplacement impromptu au cours duquel l’écrivain rencontra la maîtresse des lieux, la duchesse de Dino, nièce du prince. L’hôtel est fermé depuis quelques années ; il est en cours de transactions immobilières, susceptibles de modifier son activité.

2 – Monument de Talleyrand

Le monument fut offert à la ville, en 1938, pour le centenaire de la mort du Prince, par le 2ème et dernier duc de Talleyrand-Valençay. La stèle proprement dite est en pierre de Chauvigny, le buste lui-même, en pierre des Vosges. Ce buste a été exécuté d’après l’original, en marbre, de Desprez (1839), conservé à Versailles. Notons qu’il fut détruit par malveillance, en février 1945. Une nouvelle copie, identique à la première, a été mise en place depuis.

A la hauteur du monument, toujours en suivant les plots, prendre sur la gauche la rue de la République puis la deuxième rue à droite, la rue du marché, en direction de la place du marché. On arrive devant :

3 -La Halle au blé

Aménagée depuis plusieurs décennies en marché couvert, elle occupe l’emplacement de l’ancienne église paroissiale avec son cimetière alentour. Faite de chaume sur sol en terre battue, elle servit de temple décadaire sous la Révolution. Comprise dans l’acquisition du « domaine de Valençay » par le citoyen Talleyrand-Périgord , en 1803, sa revente à la municipalité a lieu , en 1810 , après 2 ans de négociations ; elle fut reconstruite en 1845 et plusieurs fois réaménagée depuis.

En suivant les plots sur la gauche de la Halle, on accède à la rue Talleyrand ou se trouve successivement, sur la droite, trois bâtiments rappelant la mémoire de Talleyrand :

4 – L’Hôtel de Ville

En 1836, Talleyrand fit don à la commune de Valençay, de plusieurs parcelles de terre, dont celle où s’élève aujourd’hui l’hôtel de Ville. La première pierre en fut posée le 17 mai, 1843, pour le huitième anniversaire de la mort du prince, par son petit-neveu, Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord, premier duc de Valençay depuis 1829, membre du Conseil général de l’Indre depuis 1836 et maire de la ville de Valençay depuis 1837.

5 – La chapelle avec le tombeau de Talleyrand

De son vivant, Talleyrand fit construire une ravissante chapelle sous le vocable de saint Maurice, commencée en 1818, bénie l’année suivante et achevée en 1820. La crypte, quant à elle, n’était pas achevée lorsqu’en novembre 1834, mourut la comtesse Vincent Tyszkiewitz, née princesse Poniatowska, fidèle amie du Prince. Celle-ci fut inhumée à même le sol de la chapelle. Lorsque le 17 mai 1838, le Prince mourut à Paris, la crypte n’était pas davantage terminée ; elle ne le fut qu’en septembre et c’est le 5 septembre 1838 que le corps de Talleyrand y fut déposé,en même temps que celui de son frère Archambaud et de la petite Yolande de Valençay , arrière-petite nièce du Prince. La chapelle, sinistrée le 16 aoùt 1944, a été reconstruite sur un plan moderne, de 1957 à 1958. C ‘est également en 1958 que les restes de la princesse Tyszkiewitz furent exhumés et réinstallés dans la crypte.

Les autres corps déposés dans la crypte sont ceux de la petite Charlotte-Dorothée, sœur de Yolande et morte en 1840 , de la Princesse de Sagan, morte en 1905 , de Boson, prince de Sagan, mort en 1910 , de Boson, duc de Valençay et Talleyrand, mort en 1952 et de Marie-Joséphine-Antoinette Morel, duchesse de Valençay et Talleyrand, princesse de Sagan, née le 29 mai 1909 et décédée le 12 août 2000 (troisième épouse du précédent, connue comme duchesse de Talleyrand-Valençay).

Pour plus de détail, voir, sur ce site : la crypte de Valençay

Les restes de Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Talleyrand, qui reposaient dans la crypte depuis septembre 1838 ont été remontés dans la chapelle devenue « Notre-Dame » elle même. L’inauguration du nouveau sarcophage s’est déroulée le samedi 22 mai 2010, en présence du préfet de l’Indre et du président du Conseil général de l’Indre. De nombreuses personnalités invitées par le maire de Valençay, participaient à la cérémonie dont, en particulier, des membres des familles Talleyrand, des élus locaux et des représentants de l’association des Amis de Talleyrand, réunis autour d’André Beau, leur premier président, né au pied du château.

Pour plus de détail, voir, sur ce site : l'inauguration du Tombeau de Talleyrand

6. La maison de Charité

Sur le terrain situé à gauche de la chapelle, Talleyrand fit élever simultanément une « Maison de Charité » confiée dès sa création à la congrégation des Filles de la Croix de Saint-André, pour y dispenser l’enseignement à ses frais, au profit des enfants pauvres et procurer des soins aux malades et infirmes.
Ce bâtiment est toujours une école. Le portail, imposant, est décoré d’un fronton sur lequel on lit « MAISON DE CHARITE FONDEE PAR S.A LE PRINCE DE TALLEYRAND MDCCCXXXVIII ».

Descendre jusqu’aux feux tricolores et prendre la route de » Chabris, itinéraire Paris bis » en face, légèrement sur la gauche ; on voit le clocher de l’église, on peut se garer aisément sur la petite place devant l’édifice.

7 – L’église Saint-Martin

Le chevet de l’église, remontant au XVème siècle, n’est autre que la partie subsistante de l’église primitive d’un prieuré bénédictin consacré à Notre-Dame. L’ensemble de l’église actuelle, dédiée à Saint-Martin, a succédé à celle disparue lors de la Révolution. C’est seulement entre 1860 et 1880 que la nef fut augmentée de plus d’une travée et que furent édifiés le bas-côté gauche, le maître-autel et la façade principale actuelle .Les voussures des portes latérales représentant le martyre de Sainte-Catherine et l’Assomption de la Vierge ne furent exécutées qu’en 1936.

L’église connut de brillantes fêtes, le 15 août 1810, à l’occasion du mariage de Napoléon et de Marie-Louise d’Autriche et en présence des princes espagnols retenus prisonniers à Valençay. En 1836 , sur les plans de l’architecte Phidias Vestier, Talleyrand dota l’édifice d’un clocher original, inspiré de celui de l’église Saint-Martin de Vevey (Suisse) et que le Prince avait eu l’occasion d’admirer lors de son séjour sur les bords du lac Léman, , en octobre 1825. Sur sa façade au couchant, on peut lire , gravé dans la pierre , « C’EST LE PRINCE DE TALLEYRAND QUI A FAIT ERIGER CE CLOCHER , L’AN M D C C C X X X V I ».

Ce clocher contient un ensemble de 4 cloches dont l’aînée remonte à 1643, offerte par Dominique d’Etampes et son épouse, Marguerite de Montmorency et les 3 autres, offertes par la famille Talleyrand datent de 1853, pour l’une, et de 1864 pour les deux autres.

Pour plus de détail voir sur ce site : l'église de Valençay

A l’intérieur, plusieurs vitraux installés entre 1884 et 1890, retiennent l’attention. La plupart sont signés des ateliers Lobin de Tours. Tout de suite en rentrant se remarque, à droite, le vitrail offert en 1890 par la société philanthropique de Valençay, fondée le 1er octobre 1848 sous le patronage de saint Rémy et offert sous la présidence de Mr de Talleyrand-Périgord, duc de Valençay, représentant Clovis et saint Rémy. Au niveau du transept, toujours du même côté, une grande verrière, datée de 1883, présente côte à côte, Saint Louis et Saint Paul, les patrons de Napoléon-Louis, duc de Valençay et de sa seconde épouse Rachel-Elisabeth-Pauline de Castellane. Les titres, grandes armes et devises sont au dessous des personnages. Lui faisant face, sur l’autre bas-côté, une verrière de facture différente, offerte par la duchesse de Dino, en 1831, présente d’une part, saint Maurice surplombant les armes Talleyrand et leur devise « Re que Diou », d’autre part sainte Dorothée surplombant les armes des princes de Courlande, ducs de Sagan avec la devise « Spero Lucem ». A s’interroger encore sur le vitrail, daté de 1882, visible en suivant où se voient , sous saint Charles Borromée et sainte Dorothée, les blasons des familles d’une part Fürstenberg et d’autre part, Talleyrand. Il s’agit simplement de l’évocation de l’union du prince Charles-Egon de Fürstenberg avec Dorothée de Talleyrand, née du second mariage du duc de Valençay, mariés en 1881.

Dans l’abside, trône une belle statue de la Vierge à l’enfant. En hauteur, sur les parois, d’une part, une Nativité non encore identifiée, et une Crucifixion, œuvre de Boissard de Boisdenier, autrefois ornement de la Justice de Paix. Quant au portrait de « San Fernando Rey de Castille a de Leon », œuvre de Jobbé Duval, il s’ agît d’une copie, l’original ayant été incendié accidentellement par un feu de cierge, posé trop prés. Il existe aussi, dans l’intervalle séparant le bas-côté du maître-autel une plaque de marbre vert, in memoriam à la duchesse de Valençay déjà évoquée, Rachel-Elisabeth-Pauline de Castellane, morte en 1895.

8 – L’Hospice

A la droite de l’église, sensiblement à l’emplacement du prieuré démoli auquel avait succédé jusqu’en 1837, le siège principal de la gendarmerie, s’élève, reconstruit en 1938-1937, l’hopital- hospice. Celui-ci prenait la place de l’Hospice Saint-Charles, ouvert en 1863, devenu obsolète. A la suite d’un violent incendie, déclaré nuitamment en septembre 1955, les quelques malades et vieillards qu’abritait le nouvel établissement durent être évacués. Une reconstruction doublée d’un réaménagement à la Mansart de la partie supérieure s’en suivit. Aujourd’hui, il sert d’annexe à la maison de retraite « Duchesse de Dino », édifiée au chevet de l’église, en contre-bas de celle-ci.

Prendre la rue de l’Abreuvoir, à droite, en contre-bas du chevet de l’église, au coin de la Maison de retraite. On jettera un coup d’œil sur :

9 – L’usine Dorothée

Près le « moulin du pont » et l’ancien « gué des planches » menant au Bas-bourg de Valençay, se trouve un bâtiment à usage industriel sur le pignon duquel se lit « Usine Dorothée – 1867 ». Les fenêtres hautes de la façade sont gravées dans la pierre, deux fois le sigle TP présentant un P marqué en symétrie, et au centre, le sigle V S . Nous sommes en présence d’un ancien établissement de constructions mécaniques agricoles, voulue par le duc de Valençay au début de l’ère industrielle lancée sous le Second empire. L’entreprise tomba vite en désuétude et le bâtiment passa dans des mains privées. Les inscriptions subsistantes évoquent , encore une fois, le nom de la fille du duc de Valençay, Dorothée, née d’un second mariage , en 1862 . Connue princesse de Fürstenberg, Dorothée dite Dolly, se remaria après son veuvage au comte Jean de Castellane et ne mourut , qu’en 1948.

Ne pas traverser la rivière, prendre l’étroite rue des jardins qui, à gauche ,ramène vers le centre. Face à l’extrémité de la rue des jardins apparaît l’hôtel « Le relais du Moulin », avec, sur sa gauche :

10 – La Filature

Créée au XVIIIème siècle par Legendre de Villemorien, père de M. de Luçay, la Filature fut construite avec les matériaux provenant de la démolition de l’aile des communs du château qui obstruait la vue de la « cour d’honneur » ,côté ville. Le bâtiment subsistant comportait à l’origine 4 étages et bénéficiait de la force hydraulique, fournie par l’eau du Nahon, amenée par un canal forcé. En cas de sécheresse prolongée, il est arrivé que des hommes étaient contraints de monter à l’intérieur de la roue à aubes pour la faire tourner.

A l’arrivée de M. de Talleyrand à Valençay, l’établissement consistait en une filature de coton, une fabrique de bas et une tissanderie. C’est en 1817 , qu’à l’initiative du Prince, la filature de coton fut transformée en filature de laine , employant 150 personnes dont un grand nombre d’enfants comme c’était l’usage. En 1822, une machine à vapeur destinée au fonctionnement des cardes et des broches fut installée. Elle était toujours en activité, en 1845. La filature qui, économiquement, fonctionnait sur le mode de l’affermage paraît avoir cessé toute activité, vers 1890.
La force motrice développée par la roue à aubes fut utilisée, jusqu’en 1940, pour activer un alternateur qui fournissait au château seul, un courant continu, par le biais d’une batterie impressionnante de cent-vingt accumulateurs. En période de basses-eaux, une turbine à gaz de ville - car Valençay avait son usine à gaz, suppléait à la défaillance de la roue.

Il semble bien que plusieurs établissements aient fait l’objet d’installations géographiques distinctes sur le cours du Nahon : outre la filature proprement dite, il existait des annexes, à « la basse-cour » ou au « moulin du pont » entre autres, car les risques d’incendie étaient réels. Par curiosité, signalons que le sieur Quevinot Père, intitulait ses factures « Fabrique de bas, de Valençay, département de l’Indre – Fabricant de Bas de Soie ,Fil, Coton, Fil d’Ecosse, superfins et autres, Bas à mille côtes, et Jupons en tricot, à côtes et unis. » Sans doute, fournissait-il les amies de M. de Talleyrand dont Mme de Dino, nous dit qu’il existait à Valençay, les moulages des jambes de ces dames ; il fournissait aussi de l’eau de Javel…

Sur le coteau, se situe :

11 – Le clos du château

L’une des anciennes vignes de Talleyrand était établie au flanc du coteau. Une centaine de vendangeurs – et surtout vendangeuses, travaillaient à la récolte qui ne durait que 48 heures. En 1992, le lieu, surplombant ce qui fût le potager a été replanté en un vignoble de 3 hectares, sous l’appellation prometteuse de « Clos du château de Valençay ».

En tournant sur la gauche, on prend la route nationale en direction de Châteauroux. On bénéficie alors d’un beau panorama sur le château. Juste face au château, avant le virage, on aperçoit sur sa gauche, derrière une très belle grille en fer forgé (provenant de Sagan ,actuellement en Pologne et autrefois en Silésie prussienne ) :

12 – La Garenne

Cet élégant pavillon à l’italienne, lieu de plaisance bâti par Talleyrand, de 1805 à 1806 , paraît lui avoir été inspiré par Renard, son architecte déjà cité. Mais la mort de ce dernier, en 1807 , pourrait bien avoir conduit son successeur Bonnard à parachever cette construction originale, de style rustique, en demi-lune, ouverte sur la forêt, dont il ne reste que peu d’exemples.

C’était un but de promenade pour les châtelains. Les princes d’Espagne, trompant leur ennui, s’y adonnèrent à la chasse au lapin avec un furet. En octobre 1834 , la duchesse de Dino et son Oncle y reçurent avec éclat, le jeune duc d’Orléans, fils aîné de Louis-Philippe.
Devenu rendez-vous de chasse au début du XXème siècle, La Garenne est aujourd’hui une propriété privée qui ne se visite pas.

De là, aller au carrefour pour prendre la rue à droite, pour remonter vers le centre-ville. On est alors sur l’emprise de l’ancienne route royale qui menait de Blois à Châteauroux, en traversant la propriété au plus près, du nord au sud.

On traverse les ponts sur le Nahon pour rejoindre le centre-ville, avec la faculté, au deuxième virage, de franchir le talus de droite jusqu’à l’angle du mur délabré, pour y remarquer le départ de l’escalier monumental à redans, menant de ce point jusqu’au niveau inférieur. Cet escalier n’est plus praticable ; il rejoignait le haut de la côte par une allée d’acacias, entièrement piétonne, qui permettait de rejoindre le château sans avoir à se salir les pieds. Car le terrain, fort malaisé, était celui d’une carrière qui rendait la montée délicate , surnommée non plus « Le Tertre » comme aujourd’hui ,mais alors « la montagne de Valençay ».

13 – L’ancienne gendarmerie

Il s’agît de la construction quelque peu modernisée, sise, au dernier virage. Elle remonte à l’année 1808 , lors de l’internement des princes d’Espagne et faisait office de tournebride, d’où le nom actuel de la rue qui la relie à l’agglomération .
Elle ne devint gendarmerie qu’en 1837. Antérieurement, nous l’avons dit (cf 8), la gendarmerie se trouvait près de l’église Saint-Martin ; mais les besoins nécessités par la présence des Espagnols fit ouvrir une importante annexe de la brigade, dans un immeuble plus central, près de la halle au blé, dans l’ancien établissement des Ursulines.
Le bail, accordé pour 9 ans par le duc de Valençay fut renouvelé une première fois, en 1846. Le 2 juin 1851, la gendarmerie subit un violent incendie dont les causes sont restées inconnues et la rue portait alors le nom de « Talleyrand ».
Toujours propriété ducale, l’immeuble fut acquis en 1901, à titre de prête-nom, par M. Chevrier, ancien régisseur du château. En 1922, M. Chevrier vend au département de l’Indre, lequel revend à la ville de Valençay en 1975. Depuis 1982 , c’est l’office public départemental d’H.L.M. de l’Indre qui en est devenu le propriétaire.
La gendarmerie nationale est maintenant installée à l’entrée nord de la ville.

Pour finir, disons que la topographie de la cité s’est considérablement transformée tout au long du XIXème siècle, ne serait-ce que par l’emprise nouvelle donnée à la route nationale 156 et l’ouverture de la route de Chabris et de la place de l’église. Les cheminements antérieurs s’en sont trouvés modifiés, mais restent cependant, repérables sur le terrain.

Rejoindre la place Talleyrand pour se retrouver face à la rue du château. Puis, si besoin est, poursuivre jusqu’au parking de l’Office du Tourisme.

 

André Beau / Pierre Guimbretière, Janvier 2011