Acquisition du Château de Valençay par Talleyrand

André Beau
Président d'honneur de l'Association Les Amis de Talleyrand

Le 17 floréal an XI (7 mai 1803), le Citoyen Charles-Maurice Talleyrand-Périgord, ministre des Relations extérieures, signe l'acte d'acquisition de la Terre de Valençay, en l'étude de Mes Raguideau et Chodron, notaires parisiens. A n'en pas douter, sur les conseils et avec les encouragements de son meilleur ami du moment, Napoléon Bonaparte, premier Consul, lequel est prêt à parfaire la somme des seize cent mille francs nécessaires, payables en dix acomptes, pour le dernier intervenir en novembre 1808. 

Etape commode sur la route de Bourbon-l'Archambault où le ministre soigne régulièrement son pied malade, Valençay reçoit la visite de Talleyrand pour la première fois, fin août 1803. Il est accompagné de son épouse  (l'ex-Mme Grand), de Radix Sainte-Foy, jadis au service du comte d'Artois, et du comte Jean-Philippe de Cobenzl, diplomate allemand.

 Les 20.000 arpents (12.000 ha) du vaste domaine lui sont présentés par Me Hérisson, notaire et maire de la commune, ainsi que par M. Berthereau, le chargé d'affaires de M. de Luçay, ex-préfet du Cher, le vendeur.

Les démarches locales préalables à la négociation ne nous sont pas connues. On sait seulement que la première marque d'intérêt du nouveau propriétaire en faveur de Valençay, fut d'accepter, conjointement avec son épouse, d'être les parrain et marraine du dernier enfant de Me Hérisson, la petite Aimée, alors âgée de sept ans qui, le 31 août 1803, devenait Caroline Catherine aux yeux de 1'Eglise.