Le voyage en Provence de Talleyrand


Daniel CHARTRE.

Automne 1825 : Talleyrand, la duchesse de Dino et la comtesse Tyskiewicz décident de passer l’automne et l’hiver en Provence. Cette décision paraît, à première vue, anodine. Quoi de plus naturel en effet que de fuir les rigueurs hivernales en allant séjourner en un lieu où elles se font nettement moins sentir.
Habituellement, excepté un court séjour à Bourbon-L’Archambault pour sa cure annuelle, Talleyrand passe l’été  et une grande partie de l’automne à Valençay, qu’il ne quitte qu’aux premiers jours de décembre, pour se réfugier dans son confortable hôtel particulier rue Saint Florentin.

Il s’y livre à sa passion dévorante : la politique. Il se rend au palais des tuileries pour faire sa cour au Roi. Il reçoit des personnages importants, qu’ils soient membres du gouvernement ou de l’opposition. Il fréquente les mêmes salons qu’eux.

C’est un observateur vigilant et un personnage incontournable de la vie politique. Il est informé immédiatement de tous les évènements qui se produisent, quand il ne les a pas suscités. Il les commente, les critique, prodigue avis, conseils et, bien souvent, railleries.
Lors des crises ministérielles, il intrigue en coulisse pour essayer, en vain, de revenir aux affaires ou, à défaut, de placer dans le gouvernement des personnes favorables à ses idées.
 
A l’automne 1825, la situation politique était très tendue. Le nouveau règne avait  pourtant été accueilli favorablement par le peuple suite aux assurances libérales et aux propos favorables à la charte qu’il avait tenu devant les grands corps de l’état au lendemain de son avènement .

Mais le gouvernement Villèle en faisant voter le 20 avril 1825 une loi favorisant l’établissement de communautés religieuses et punissant de la peine de mort le sacrilège, avait  révolté tous les esprits et réveillé un sentiment anticlérical dans la population.  L’indignation fut  portée à son comble avec La loi dite « du milliard aux émigrés » promulguée le 27 avril 1825, indemnisant les émigrés qui avaient perdu leur patrimoine foncier et immobilier vendu comme bien national sous la Révolution.

Talleyrand avait  donc mieux à faire que de séjourner loin de Paris où, à tout moment, sous la pression du mécontentement populaire, le gouvernement Villèle risquait de tomber, lui offrant une opportunité de revenir aux affaires ou, à défaut,  de peser de tout son poids politique sur la constitution du nouveau cabinet. Il est donc surprenant de voir cet homme qui a la politique chevillée au corps, accepter de s’éloigner du centre névralgique des affaires de la nation pour de longs mois. Certains évènements nécessitant une réaction rapide, voire même immédiate, il est inconcevable qu’il se prive volontairement de la possibilité de saisir une opportunité de revenir sur le devant de la scène, en s’exilant en des lieux éloignés, où les informations lui parviendront avec plusieurs jours de retard.

Il fallut donc un puissant motif pour qu’il consente à ce sacrifice. Dans son livre ‘’ Le dernier amour de Talleyrand’’, Françoise de Bernardy nous en donne la raison : Dorothée était enceinte !

En se basant sur la date de naissance l’enfant (23 janvier 1826), on peut dire sans trop se tromper  qu’il  fut conçu en mai. Il est probable  que Dorothée n’eût la certitude de sa grossesse qu’en juillet ou août alors qu’elle accompagnait Talleyrand à sa cure annuelle à Bourbon l’Archambault. Cette nouvelle ne dût pas les réjouir. Il était hors de question qu’elle s’ébruite. Valençay était un lieu où la surveillance exercée sur Talleyrand par les autorités était vigilante quoique discrète.

Talleyrand avait toujours des ambitions politiques ; la nouvelle de la grossesse de Dorothée aurait vite été colportée de Valençay à Paris où les ennemis politiques du prince ne se seraient certainement pas privés de l’utiliser pour, en insinuant qu’il était le père, le discréditer,  et le perdre sans recours possible dans l’esprit d’un souverain qui était sous la coupe de la congrégation,  sous sa domination directe au point "(qu)’il ne se permettait pas une pensée sans la soumettre à sa décision" nous dit la comtesse de Boigne (Comtesse de Boigne, Mémoires) .

Celle-ci n’aurait certainement pas raté l’occasion de se venger du rôle joué par Talleyrand dans la confiscation des biens du clergé, et l’affaire des prêtres constitutionnels pendant la révolution, ainsi que  de son important rôle dans l’élaboration du concordat de 1801 sous le premier empire, en interdisant au Roi de prendre pour ministre un homme qui entretenait des relations intimes avec sa nièce, lui ôtant définitivement l’espoir de revenir aux affaires.

Talleyrand connaissait trop bien Charles X, le nouveau souverain. Il jugeait cet homme au demeurant aimable et affable,  mais il redoutait sa montée sur le trône des Bourbons car il était sous l’influence néfaste des ‘’ultras’’ royalistes. Cette appréciation de Talleyrand sur les émigrés : "ces gens qui n’ont rien appris ni rien oublié depuis trente ans" lui convient parfaitement. Talleyrand connaissait son désir de revenir à la monarchie absolue.

Il pressentait que le nouveau monarque allait tout faire pour renouer avec le système de l’ancien régime. Il savait que sa présence était nécessaire pour combattre les dérives totalitaires du nouveau maître de la France. Charles X ne rêvait que de s’affranchir de cette charte acceptée par le roi Louis XVIII son frère, ce roi à l’esprit vif, aussi intelligent que rusé. Le nouveau roi voulait revenir au système de l’ancien régime, en mettant à bas cette monarchie libérale, que Talleyrand estimait être le seul moyen de maintenir la dynastie des Bourbons sur le trône
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Or, pour pouvoir agir, il fallait que l’audience de Talleyrand et sa respectabilité ne soient pas plus entachées qu’elles ne l’étaient déjà. Un nouveau scandale provoqué par une suspicion de paternité de l’enfant de sa nièce, une personne de trente-huit ans sa cadette, devait être absolument évité. Il était donc important qu’elle mette au monde l’enfant dans un lieu discret éloigné de ceux qu’ils fréquentaient habituellement. Il a sans doute estimé qu’il était préférable de l’accompagner parce qu’il redoutait que, si elle s’était absentée aussi longtemps seule, cela aurait paru suspect et aurait éveillé des soupçons. En usant du prétexte fallacieux de son dégout pour la politique, il donnait une cause plausible à sa longue absence.

Au dix-neuvième siècle, les grands voyages devaient impérativement se préparer longtemps à l’avance. Les capacités hôtelières  dans les lieux de villégiatures étaient très réduites et les délais d’acheminement du courrier étant très longs ;il fallait réserver plusieurs mois  avant le départ pour être assuré d’avoir un logement confortable pour un long séjour. Pris de court et n‘ayant pas le temps d’organiser le voyage, Talleyrand Dorothée et la princesse Tyskiewicz se mirent en route en septembre sans avoir un point de chute  assuré,  annonçant à leur entourage  "qu’ils avaient décidé de passer l’automne et l’hiver en Provence" (source Lacour-Gayet).

Talleyrand, Dorothée et la comtesse Tyskiewicz, entreprirent ce voyage qui, d’abord, les conduisit à Genève, une grande ville où il était facile de trouver à se loger. Cette première partie du voyage était motivée par le fait qu’ils ne pouvaient attendre à Valençay d’avoir trouvé dans le midi un point de chute discret car le secret y aurait été percé ou tôt ou tard et divulgué par certains membres de la domesticité du château qui étaient stipendiés par la gendarmerie et la préfecture de l’Indre.  Cela laissait aussi à Dorothée et Talleyrand le temps de trouver un hébergement dans un des deux lieux retenus pour l’accouchement : Hyères en  ou Nice.

Ils gagnèrent ensuite le sud de la France, séparément, par des itinéraires différents, pour éviter d’engorger les hôtels ou ils font étape par un trop grand nombre de personnes à loger mais aussi pour éviter d’éveiller l’attention des autorités locales qui n’auraient pas manqué de signaler à Paris le passage d’un cortège important. Or il fallait absolument passer inaperçus.

Empêchés par le mauvais temps de rendre visite au baron de Vitrolles sur ses terres des Hautes Alpes, ils arrivèrent le 28 octobre 1825 à Marseille, ville où ils séjournèrent jusqu’à la mi-janvier 1826, date de leur départ pour Hyères.

Pourquoi un aussi long séjour dans la cité phocéenne ?

Il est fort probable que l’intention était de faire naître l’enfant hors de France, à Nice ou ailleurs en Italie, du côté de Gènes, de manière à ce que la nouvelle ne s’ébruite pas. Le comté de Nice, passé du protectorat français au protectorat sarde en 1815 avait probablement eu leur préférence.
Il présentait le double avantage d’être un territoire étranger mais situé à proximité immédiate de la France, dont le Fleuve Var qui se jette dans la méditerranée à quelques kilomètres de la ville de Nice était la frontière naturelle.

 Inconvénient : "Nice n’a pas d’auberges dignes d’accueillir des hivernants" nous dit l’historien Marc Boyer et ceux qui existent "manquent par trop de confort" (Idem Marc Boyer). Le mode d’hébergement normal  des hivernants était le meublé ; mais en 1826 il  était difficile d’en trouver un pour qui n’avait pas pris la précaution de le réserver à l’avance, car ceux- ci étaient quasiment tous occupés"en grande majorité des anglais" (idem Marc Boyer) au nombre d’une centaine de familles. La pénurie de logements à Nice a donc  contrarié ce projet. En outre Marc Boyer nous dit, citant L’historien  Robert Latouche (‘’Histoire de Nice’’) que les étrangers y étaient étroitement surveillés. Un accouchement n’y serait donc pas passé inaperçu et la nouvelle aurait été vite ébruitée.

Restait alors Hyères. Cette petite  ville était un peu moins fréquentée que Nice par les gens de leur monde. Elle était le lieu idéal pour mettre au monde un enfant, loin cette haute société parisienne que Dorothée méprisait profondément, et qui, sous les dehors de la plus parfaite courtoisie, le lui rendait bien. Cette petite station  hivernale et de santé n’a probablement pas été leur premier choix parce qu’elle était sur le territoire français ou la police était vigilante. Les seuls atouts supplémentaires qu’elle possédait par rapport à Nice étaient son relatif isolement ainsi que la présence d’un médecin réputé le docteur Fleury.  C’est d’ailleurs lui  qui accoucha Dorothée et veilla jusqu’à la fin de sa vie au bien-être matériel  et à l’éducation de l‘enfant dont il fut le premier tuteur.

Hélas cette ville connaissait exactement les mêmes problèmes d’hébergement que Nice. Il était tout aussi difficile d’y trouver un logement confortable pour une longue période, les grands établissements de luxe ne commenceront à y être édifiés qu’à partir de la Monarchie de juillet. Beaucoup d’hivernants devaient louer des maisons confortables à des particuliers (tels M Filhe à Hyères) ; et comme à Nice, elles étaient rares et chères.

Talleyrand et sa  nièce  furent donc forcés de prolonger leur séjour à Marseille en attendant de trouver un logement dans l’une des deux villes sélectionnées.
Marseille  était une ville agréable qui fournissait à des voyageurs fortunés tous les produits de luxe qui faisaient l’agrément de leur vie. Le logement qu’ils occupèrent était agréable. Ils habitaient la maison de campagne de M Vidal, au quartier Sainte Marguerite, non loin de la mer. (Source Lacour-Gayet).

Les distractions ne leur ont pas manqué. Ils furent reçus dans la bonne société marseillaise avec tous les égards dus à leur rang. Le mauvais temps, comme certains en avancent la raison, n’est pas une explication suffisante. Il est plus que probable que cette longue halte fut, en plus du problème d’hébergement à Nice et à Hyères, motivée par une grande fatigue de Talleyrand et de Dorothée qui en était à son cinquième mois de grossesse. Celle-ci se plût beaucoup dans sa résidence marseillaise, et le dit dans une de ses lettres envoyée depuis cette ville à Prosper de Barante. Elle lui fait part de sa joie de voir la santé de Talleyrand s’améliorer, il a une bonne mine et est joyeux. Elle dit aussi à son correspondant son plaisir de contempler la mer : "je me plais à observer ses agitations ou bien à admirer son calme. Rien ne prête autant à une rêverie qui du charme et de l’utilité… Je crois cependant que les idées s’étendent davantage encore à la vue de ce grand et brillant élément qui nous menace et nous respecte tour à tour."(Source Micheline Dupuy) ou bien "La mer et le soleil réconcilient avec tout", avec une réserve toutefois à cause du mistral : "la plus vilaine et la plus malsaine chose du monde ." (source de Bernardy).

A la mi-janvier, ils envisageaient toujours de partir pour Nice.  La comtesse Tyskiewicz avait été envoyée en éclaireur à Nice pour essayer de trouver un logement. Mais le temps passait et terme de la grossesse approchait. Il fallait trouver rapidement un lieu discret pour que Dorothée puisse accoucher. Ce fut donc Hyères cette petite ville du sud de la France qui fut, faute de mieux choisie. Chassés  de Marseille par le mistral qui est fréquent, souvent violent et glacial en cette saison, ils quittèrent la grande cité phocéenne pour Hyères. (sources André Beau et  Françoise de Bernardy)

La vie sentimentale de Dorothée était très compliquée et demeure très obscure, car ses amants successifs eurent la délicatesse de ne pas s’en vanter. Nonobstant, sa liberté de mœurs était notoirement connue, depuis son escapade à Vienne avec le Major Clam qui avait fait gloser le tout Paris.

Mais on était entre gens bien élevés, et les ragots, s’ils circulaient dans les salons à la mode ou en faisait des gorges chaudes, en sortaient rarement pour être étalés complaisamment sur la place publique comme de nos jours. En ce qui concerne la grossesse de Dorothée, le fait est clairement avéré : M Alphonse Denis, un homme politique, Hyérois d’adoption, qui fut maire de cette ville puis député de la circonscription en atteste.

Il était très ami avec  Charles de Rémusat, le fils de ma grande amie du prince, Il a peut-être été présenté  à Talleyrand dans le salon de madame de Rémusat en tant qu’ami de son fils Charles. Mais cette présentation si elle eût lieu fut sans suites. C’est probablement en se réclamant de l’amitié du fils de cette vieille amie de Talleyrand, disparue en 1821, à laquelle il était très attaché, qu’il fut admis à le visiter à Hyères. Alphonse Denis lui-même le confirme indirectement dans un ouvrage, aujourd’hui introuvable, qu’il a consacré à Hyères, il raconte ses relations et notamment sa première rencontre avec le prince "Lorsque je le vis pour la première fois, il me reçut fort aimablement tout en étant extrêmement distant" Ceci confirme l’’absence de  toute relations suivies entre les deux hommes antérieurement à 1826.

Ce récit nous apporte  aussi la preuve irréfutable  que Dorothée était enceinte. M Denis fait clairement me mention de la grossesse de Dorothée, et se gausse de Talleyrand qu’il prétend être totalement ignorant de cet état de fait.C’est insulter la mémoire et l’intelligence du prince que de prétendre que vivant sous le même toit que sa nièce il ait pu ne pas s’en apercevoir. M Denis été abusé par le silence du prince sur ce sujet.

Visiblement sa connaissance du personnage était très superficielle. Il s’est mépris sur son silence qui était probablement dû au souci de ne pas faire état de la grossesse, pour éviter de l’officialiser, et d’accélérer ainsi la diffusion d’une information qui aurait nui à sa carrière politique pour les raisons énoncées plus haut.

Le 23 janvier 1826, "Clandestinement" (comme le précise André Beau) Dorothée accouche d’une fille, déclarée à l’état civil de Toulon deux jours plus tard, sous le nom de Julie Zulmé. Episode trouble qui a donné lieu à de patientes recherches par des historiens locaux, aboutissant à une présomption de paternité en la personne d’un marquis ou comte de Mornay parmi trois membres de cette dernière famille (Source : livre d’André Beau dont les références sont citées plus haut).

Dans son livre, M André Beau est convaincu de l’identité de l’enfant. Il se réfère aux recherches entreprises par M Emmanuel Davin que celui -ci a publiées dans un article intitulé : ‘’Une Hyéroise devenue toulonnaise, puis marseillaise, fille de la duchesse de Dino, nièce de Talleyrand, 1826-1913 [Mme Bertulus, née Julie Zulmé.’’ .Il a fait de longues recherches  il établit que l’enfant est née "le 23 janvier 1826 à dix heures du soir et  qu’elle ne fut déclarée  à l’état civil de Toulon  par le Dr Fleury que deux jours après, le 25 janvier, à trois heures du soir" (Source E Davin). Le registre de l’Etat-Civil de la ville de Toulon où est enregistrée la naissance de l’enfant est consultable en ligne, aux archives départementales du Var.

16 février 1826 : Le ‘’ Journal de la méditerranée’’ annonce le départ du prince de Talleyrand et de la duchesse de Dino de la ville de Hyères, où ils séjournaient depuis le milieu du mois de janvier, pour Nice. De nombreuses questions se posent :
Pourquoi Talleyrand et sa nièce ne demeurèrent-t-ils qu’environ un mois dans cette cité où, aux dires de Dorothée il y faisait si bon vivre l’hiver, et qu’elle semblait trouver le séjour très agréable ?
Pourquoi un départ aussi rapide alors que Dorothée n’était certainement pas encore totalement remise des fatigues de l’accouchement ?

La duchesse de Dino appréciait beaucoup la douceur du climat hyérois en hiver comme nous le montre la lettre suivante :
31 janvier 1826 : Lettre de la Duchesse de Dino qui relate son installation à Hyères avec le prince de Talleyrand :
"Nous voulions passer une quinzaine de jours à l’auberge, en attendant qu’on fît notre établissement à Nice" (cette phrase accrédite l’hypothèse que Nice était bien la prochaine étape, où devait avoir lieu l’accouchement, et que Hyères n’est qu’une étape par défaut).. Au lieu de cela, les auberges étant très pleines, nous avons accepté les offres de plus gros et plus élégant propriétaire à Hyères, qui s’appelle M Filhe (Jean-Baptiste Filhe, ancien officier de cavalerie de Louis XVI). Il nous a abandonné la plus belle partie de sa maison ( appelée maison Filhe mais aussi le château Filhe, bastide du 18eme siècle) située au milieu jardin le plus réputé de l’endroit, (Il y à fait construire plusieurs bâtiments au milieu d'un jardin riche de 18000 orangers) en plein midi, en vue de la mer, enfin tout ce qu’il y a de mieux ; puis un temps tel que je vous écris auprès de ma fenêtre ouverte dont j’ai baissé les stores, afin que le soleil ne frappe pas sur ma tête. Puis des promenades le soir, comme au mois d’août à Paris. Il n’y a rien à désirer ici comme température. Je ne sache pas d’endroit plus doux de se sentir vivre ….". (Source Georges Lacour Gayet dans son livre sur Talleyrand où cette lettre est mentionnée comme étant envoyée par Dorothée à Prosper de Barante qui la cite dans le T 3 de ses souvenirs).

Cependant, elle donne comme raison à ce départ plusieurs raison dans la suite de cette missive :
-L’agrément de ce lieu qu’elle vante en disant "A Hyères, on a rien que des fruits, des fleurs, du soleil et de la mer" semble être combattu par un problème, "Eh bien ! On n’y voit que mourants, on ne rencontre qu’enterrements on n’entend parler que de pneumonies."  Un fait vient démentir  cette assertion :
Talleyrand  et Dorothée étaient déjà venus à Hyères à l’automne 1817. Georges Lacour-Gayet en fait état dans son ouvrage au  chapitre intitulé ‘’Le voyage aux Pyrénées  où il écrit : ils étaient à Marseille le 7 septembre ; ils assistèrent à une représentation au théâtre ; ils virent un parent de Mme de Rémusat, M de Candolle, qui était  consul à Nice. Ils poussèrent jusqu’à Toulon et Hyères, mais ce ne fut qu’une pointe très rapide, car le 14 septembre ils arrivaient à Lyon.
 
Talleyrand  connaissait donc déjà Hyères pour y être déjà venu avant son séjour de 1826. Il qu’il n’ignorait probablement pas qu’y villégiaturaient de nombreux malades et que le taux de mortalité parmi ceux-ci était assez élevé. Nonobstant il avait apprécié la beauté et la douceur du climat de cette petite  station climatique où, loin des lieux  fréquentés par le ‘’gratin’’ de la noblesse  et de la haute bourgeoisie qui lui préféraient Nice, on pouvait y séjourner dans une relative discrétion  

D’après Dorothée, Ce serait le spectacle attristant des malades et des enterrements qui les auraient poussés à fuir Hyères ?  Il convient de prendre cette affirmation avec circonspection.

Il est vrai qu’Hyères était un lieu où beaucoup de malades atteints de maladies pulmonaires étaient envoyés. Les médecins de l’époque étaient convaincus que le climat méditerranéen était propice à la guérison de ces pathologies, au premier rang desquelles venait la tuberculose. Tout le corps médical pensait qu’elle était héréditaire, avant que le médecin allemand Robert Koch n’isole en 1882 le bacille responsable de ce fléau. Ne venaient sur les bords de la méditerranée que les gens aisés, dont l’évolution de la maladie était à un stade tel que les jours qui leur restaient à vivre leur étaient petitement comptés.
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La raison des désagréments qu’auraient occasionnés les nombreux enterrements  et qui auraient poussé Talleyrand à fuir Hyères est fallacieuse puis qu’il Il y est  revenu durant l’hiver 1828, probablement seul, car  Dorothée avait préféré rester à Rochecotte qu’elle vient d’acquérir,  pour superviser les travaux qu’elle avait entrepris pour arranger sa demeure à son goût. L’achat du château avait été décidé à l’automne 1827 et elle en avait eu dès ce moment la jouissance même si pour des raisons inconnues l’acte notarié ne fut signé que le 30 avril 1828. Mais, surtout,  elle souhaitait être seule et recevoir son amant Théobald Piscatory sans être gênée par la présence de son oncle.

Cette hypothèse est vraisemblable car M Pichot, lorsqu’il parle des conversations entre Talleyrand et le Dr Allègre en 1828 nous dit que : "…même par les jours du plus beau ciel bleu et en se promenant au milieu des orangers en fleurs, il parlait souvent de Rochecotte, des jardins qu’il y avait tracés, des arbres qu’il y avait plantés" etc etc, ce qui  d’ailleurs est faux car  c’est Dorothée qui fut le maître d’œuvre des travaux  ; il suffit pour s’en convaincre de lire ses lettres à ce sujet qui ont été publiées.

Talleyrand a sans doute préféré éviter de séjourner seul à Paris, car l’absence de la Duchesse de Dino à ses côtés ne serait certainement pas passée inaperçue et aurait de nouveau provoqué la circulation de rumeurs calomnieuses et infâmantes sur l’oncle et la nièce. Il a  voulu fuir les désagréments des travaux entrepris et pour laisser Dorothée poursuivre, hors sa présence, sa liaison amoureuse, évitant la gêne pour tous de la présence de l’oncle et de l’amant de la nièce sous le même toit. Il n’y avait nulle jalousie de Talleyrand vis-à-vis  des amants de la duchesse de Dino.

Il était, par tempérament, quoiqu’on  ait  affirmé à tort le contraire en 1816, au moment de la première fugue amoureuse de Dorothée, dépourvu de cette faiblesse. Les liens qui unissaient Dorothée et Talleyrand, n’étaient, contrairement à ce que la plupart des biographes du prince affirment, que le fait d’une parenté d’esprit issue de leurs communes intelligences qui étaient vives, brillantes et complémentaires, bien plus forte  que ne l’est un lien charnel.

Talleyrand ne souhaitait pas non plus  séjourner seul  dans son immense château de Valençay, où personne ne serait venu le voir en raison des  conditions climatiques hivernales qui engendraient des difficultés de circulation. Il a donc choisi d’hiverner à Hyères dont il avait beaucoup apprécié la douceur.

Ce séjour fut rendu possible grâce à l’accalmie politique survenue début 1828 après la démission de Villèle. Celui-ci devenu impopulaire a provoqué la dissolution de la Chambre des députés en novembre 1827  et a perdu largement les élections qui s’en suivirent (180 députés ministériels contre 180 libéraux et 70 ultras anti-Villèle.).

Le grand vainqueur est Royer-Collard,  un libéral modéré (élu dans sept départements différents) qui prend la tête de la Chambre. Ce désaveu pour sa politique a poussé Villèle à  démissionner début janvier  cédant la place à un ministère dirigé par Martignac,  de tendance libérale.  Les esprits s’étant calmés à la suite de ce changement de gouvernement, Talleyrand pouvait donc s’éloigner temporairement de la capitale.

On peut donc douter de la sincérité de l’argument avancé par Dorothée  quant à la cause du départ d’Hyères en février 1826 puisque le séjour de Talleyrand en 1828 dément cette affirmation. S’il n’avait pas apprécié son séjour, il ne serait pas venu une troisième fois.

Si Dorothée a souhaité quitter Hyères peu de temps après sans être complètement remise de ses couches et n’y est pas revenue, c’est peut-être  pour les raisons sentimentales évoquées plus hauts qui la retenaient à Rochecotte, mais aussi  parce que c’est surtout elle s’y ennuyait beaucoup, en dépit de l’agrément de leur logement et la douceur du climat. Cette petite ville manquait singulièrement  de  distractions susceptibles de plaire à une jeune femme qui vivait sa vie intensément.

Le taux de mortalité important parmi les personnes y villégiaturant ne devait pas créer un climat propice à l’organisation des réjouissances. Elle devait regretter les nombreuses distractions de Marseille et elle voulait sans doute  aller à Nice ou elle espérait en trouver  de meilleures au sein d’une société qu’elle pensait être d’une qualité plus relevée que celle d’Hyères.

Dans son ‘’essai historique, topographique et médical sur la ville d’hyères en Provence écrit par le Dr Gensollin (une très vieille famille de la région hyèroise) que cite M Marc Boyer, celui-ci  affirme que "la ville manque d’ornements". M Boyer se référant également  aux lettres de Mme Brunette Nathan (Correspondance de cette dame à son mari) et à un ouvrage écrit par  le Dr Armand Honnoraty nous apprend également  qu’il n’y a pas d‘arbres le long des routes d’accès, des places étroites qu’il faudrait élargir, pas  de,  salle de spectacles, de troupes de comédiens ni de bibliothèque.

Dans sa lettre à Prosper de Barante Dorothée avance une autre raison : Elle se plaint de difficultés matérielles : "…mais ce n’est pas tout ; et sans le voisinage de Toulon qui fournit jusqu’aux besoins les plus primitifs de la vie, on serait fort mal ici …"  Il convient d’éliminer aussi cet argument parce qu’il est insincère.

Hyères était une ville totalement autosuffisante en ce qui concerne la satisfaction des besoins base ; mais, en effet,  elle manquait cruellement de tous les produits de luxe nécessaires aux gens fortunés.

Cependant,  Il faut toutefois tempérer les propos de la duchesse. Si on y regarde de près, Valençay ou elle séjournait une grande partie de l’été et de l’automne, était dans une situation pire : Il fallait, si la duchesse voulait se procurer les produits de luxe indispensables au soutien de son train de vie, faire 42 km pour aller à Châteauroux, 72 km pour aller à bourges et 98 km pour aller à Tours, alors que Toulon ne se trouve qu’à 16 Km de Hyères .

Les difficultés d’approvisionnement étaient donc bien moindres en Provence qu’en Berry. Idem Pour Rochecotte qui se trouve à environ 38 Km de Tours.

Cette phrase a tellement intrigué André Beau qu’il l’a reproduite dans son livre en italiques pour, le précise-t-il, la souligner.   De toute évidence cette raison avancée pour le départ d’Hyères ne reflète pas l’exacte vérité.

Nice était également une ville ou nombres de phtisiques, peut-être plus fortunés, venaient finir leurs jours. Le spectacle ces gens épuisés par la maladie et des convois funéraires y était tout aussi navrant qu’à Hyères.

Dorothée en fait état dans cette même lettre du 31 janvier : "A Nice, écrit-elle, on meurt à peu près autant qu’ici ; mais le cadre est plus grand, et on est moins obligé d’arrêter sa pensée et ses regards sur des scènes de deuil" (idem Lacour –Gayet). A quoi bon partir pour Nice pour y retrouver ce même spectacle, qui les a fait fuir d’Hyères ?

De plus Nice était aussi dépourvue de distractions que Hyères ; pas de bibliothèque pas de vrai théâtre juste un cercle ou les femmes n’étaient pas admises sauf à l’occasion de bals dans une salle triste.

C’est probablement pour être agréable à  Dorothée que, dans une lettre datée du 4 février 1826 adressée à la duchesse de Bauffremont Talleyrand annonce son départ d’Hyères aux environs du 15 février pour Nice puis Gênes. Ce projet a été favorisé par  le  mauvais temps, pluie, neige et mistral, qui les avait chassés de Marseille et qui s’est  également abattu courant février sur Hyères, sous la forme de chutes de Neige, phénomène qui, même s’il est assez rare sur le littoral Méditerranéen, se produit généralement à cette époque

Il est probable que Dorothée a aussi voulu fuir Hyères pour couper rapidement tout lien affectif avec l’enfant qu’elle venait de mettre au monde. Peut –être aussi craignait-elle qu’on finisse par faire le rapprochement entre la naissance de cet enfant déclarée à l’état civil de Toulon ‘’née de parents inconnus’’, et la disparition de ses rondeurs, signe de la fin d’une grossesse, qui n’étaient pas passée inaperçues dans la bourgeoisie locale, comme le prouve les propos de M Alphonse Denis mentionnés par Mme de Bernardy.

Mais, il existe une autre raison qui a certainement beaucoup pesé dans leur décision de partir : Talleyrand, avait été nommé maire de Valençay par un arrêté du 10 janvier du préfet de l’Indre. Il en avait été informé assez rapidement  puisque Dorothée en fait état dans sa lettre à Barante du 31 janvier. Cette nomination est elle aussi  un argument à prendre en considération dans  leur décision de partir pour Nice avant que Dorothée ne soit complètement rétablie de ses couches.

D’ailleurs, ils ne séjournèrent que peu de temps à Nice, où la Comtesse Tyskiewicz qui les y avait précédés, avait trouvé un logement, probablement le temps d’achever la convalescence de Dorothée.  

Hélas les intempéries les ont suivis à Nice. Dans une autre lettre écrite de cette ville à la duchesse de Bauffremont  le 17 février il écrit : "Tout en m’éloignant, je me regarde comme en retour : je ne sais ce que je resterais de temps ici. J’y comptais sur le soleil ; il y pleut depuis avant-hier que j’y suis arrivé.  C’est dans les petits mécomptes mais c’en est un, car Nice en carême sans beau temps me paraît devoir être triste. Les Anglais s’en vont."( source- E de Waresquiel)  .  Plus loin il ajoute : "Nous sommes bien logés mais nous ne voyons pas la mer de nos fenêtres, ce à quoi nous étions tous accoutumés depuis cinq mois. Je prends des informations sur la route de Gênes : tout ce qui le revient me paraît un peu difficile, surtout pour la princesse (Tyskiewicz), à qui 3 jours à dos de mulet répugnent un peu. Nous verrons s’il n’y a pas moyen d’aller commodément par la mer. Je serais fâché de renoncer à Gênes Turin et Genève  (pourtant il était déjà passé dans cette dernière au début de leur voyage" ( Idem Waresquiel).

En effet si l’accès à Nice depuis la France se faisait dans des conditions satisfaisantes, il n’en était pas de même entre Nice  San Remo et Turin. Nice qui  est sous l’autorité du roi du Piemont-Sardaigne, Fief de la famille Savoie,  qui englobait  le Comté de Nice, la Savoie, le Piémont et la Sardaigne , était délaissé par la monarchie Sarde depuis que celle-ci avait annexé Gênes qui lui procurait un bien meilleur débouché sur la Méditerranée. La route qui conduisait à Turin via Cunéo était fort mauvaise car non entretenue et l’hiver celle passant par le col de tende était difficilement praticable .De plus elles n’étaient pas sûres et les agressions de diligences n’étaient pas rares. Pire, Marc Boyer nous dit, citant L’historien  Robert Latouche (‘’Histoire de Nice’’) que les étrangers étaient étroitement surveillés par la police.

Seule restait la voie maritime qui en hiver est dangereuse en raison du mauvais temps. Toutes ces difficultés forcèrent donc Talleyrand à renoncer à son voyage en Italie.Le projet de voyage dans l’Italie du Nord fut  donc abandonné.

Talleyrand était pressé de rentrer. L’éloignement de Paris ou des évènements pouvaient se produire sans qu’il puisse y assister, y participer ou en profiter devait lui peser. Il prit probablement prétexte de sa nouvelle fonction de maire de Valençay, et de l’indécence de ne pas avoir pris possession de ses fonctions plus de deux mois après avoir été nommé, pour écourter son voyage. Cela ne l’empêcha pourtant de faire un détour par Paris, où on le retrouve le 27 mars, pour se rendre compte du climat politique qui y régnait avant de se rendre dans sa ville pour exercer des fonctions qui, loin de lui déplaire de par leur modestie, semblèrent d’après la duchesse de Dino le combler d’aise.

Notons au passage qu’il y prit du plaisir et mit beaucoup d’application à les remplir. Il fut un très bon maire, très apprécié de ses concitoyens, soucieux du bien-être de ses administrés, que sous sa mandature, il mit fin à l’isolement relatif de la commune, participa financièrement à son embellissement, son développement économique et finança les œuvres de charité.
 
Il est évident que ce voyage en Provence de Talleyrand et de Dorothée, n’a eu pour seul but que  la dissimulation de la nouvelle maternité de la Duchesse de Dino. Leur séjour  à Hyères n’aura donc duré que le temps nécessaire pour que la duchesse mette au monde l’enfant le plus discrètement possible et se remette de l’épreuve de l’accouchement.

Le secret fut bien gardé. Même les amies intimes de Talleyrand furent tenues dans l’ignorance. Il n’y fait aucune allusion dans les lettres qu’il adresse à la duchesse de Bauffremont tout au long de son voyage. Prosper de Barante, ami de Talleyrand et de Dorothée n’était pas non plus dans la confidence. Les  lettres  que cet homme aussi délicat qu’intelligent reçût  de  Dorothée et de Talleyrand durant ce voyage prouvent que les vraies raisons du voyage lui avaient été dissimulées. Le Baron de Vitrolles, qui jouait le rôle d’amoureux transi n’en eût probablement la révélation que lorsque qu’il rendit visite aux voyageurs à Marseille. Ce vieil ami  se comporta en parfait gentilhomme et ne divulgua pas le secret de  la grossesse de Dorothée. Il était également souhaitable que Théobald Piscatory, le nouvel élu du cœur de Dorothée, ne l’apprisse pas, enfin pas tout de suite, pour ne pas l’effaroucher.

De leur passage, nulle trace autre que l’annonce de leur départ dans la presse locale. Hormis Les ouvrages d’Alphonse Denis et d’Emmanuel Davin le fait n’est apparemment mentionné que dans l’ouvrage de Mr Marc Boyer intitulé l’invention de la Côte d’Azur ( Editions de l’Aube 2002). La maison ou ils Séjournèrent a disparu. A sa place fut édifié, d’après Marc Boyer, le ‘’Grand Hôtel du Parc : Hôtel de voyageurs, dit Hôtel du Parc puis devenu le Grimm's Park Hôtel. à Hyères qui existe toujours mais est devenu depuis 1925 un bâtiment administratif communal (sourcePatrimoine de France).

Ce n’était pas la première fois qu’un voyage dissimulait une naissance clandestine. Cela s’était déjà produit une fois lors de la naissance de l’enfant que Dorothée qui était le fruit de son escapade amoureuse à Vienne avec le major Clam.Cela se reproduira en 1827, elle voyageait seule cette fois, se rendant, après un séjour à Neris les bains, ensuite à Luchon, puis en Bigorre avant de mettre au monde à Bordeaux, le 10 septembre 1827, l’enfant né de ses amours avec Théobald Piscatory.

Talleyrand a beaucoup voyagé dans son existence. Certains même de ses déplacements furent forts longs, tels celui de son exil forcé d’abord en Angleterre puis en Amérique. Au service de Napoléon, il est souvent hors de de France entre 1805, début de la première campagne d’Allemagne et 1808 et l’entrevue d’Erfurt. Au service de Louis XVIII il sera, pour le congrès de Vienne, à nouveau absent entre septembre 1815 et juillet 1816, sans compter tous ses séjours annuels d’environ un mois à Bourbon l’Archambault ou dans une autre station thermale. Au service de Louis-Philippe il fut  durant quatre ans (septembre 1830 décembre1834) ambassadeur de France en Angleterre où il traita la délicate question de l’indépendance de la Belgique et consolida l’équilibre Européen par la signature de la ‘’quadruple alliance’.

En 1826, Talleyrand, qui était dans la soixante et onzième année de sa vie, devait avoir plus envie de se fixer que de voyager. Valençay était le lieu idéal pour se reposer des fatigues d’une vie passablement active pour ne pas dire agitée. Ce château majestueux, était un cadre digne de sa personne. Il pouvait y mener une existence paisible de grand seigneur terrien digne de son rang. Il aura fallu les raisons impérieuses évoquées plus haut (ou sérieuses  comme pour le voyage de 1828) pour l’obliger à entreprendre un nouveau long voyage. Il profita probablement de l’occasion de sa nomination à la fonction de maire de Valençay pour l’écourter et se consacrer à nouveau à sa raison de vivre : la politique. Fidèle à son pays, il en a toujours défendu les intérêts, soucieux du bien-être des français en général et de ses administrés de Valençay en particulier.




Sources. Les ouvrages et documents sur lesquels il a été fait fond pour la rédaction de ces quelques lignes sont :

-André beau ‘’Talleyrand chronique indiscrète de la vie d’un prince’’ Editions Royer 1992, disponible à la librairie du château de Valençay.

-Françoise de Bernardy ‘’le dernier amour de Talleyrand’ libraire académique Edition Perrin 1966

- Georges Lacour-Gayet : ‘’Talleyrand’’ Editions Payot 1991.

-Comtesse de Boigne, Mémoires T 2  Collection le temps retrouvé aux Editions Mercure de France.

-Micheline Dupuy ‘’La duchesse de Dino’’ Librairie Perrin Edition 2002.

-Marc Boyer ‘’L’invention de la côte d’Azur’’Editions de L’aube 2002 ( chez Harmonia Mundi)

- Patrimoine de France . com : ‘’ Hôtel de voyageurs, dit Hôtel du Parc puis Grimm's Park
 Hôtel. à Hyeres

- E de Waresquiel :’ Mémoires et correspondance du Prince de Talleyrand’’ lettres à la duchesse de Bauffremont p 1420 à1424  Editions Robert Laffont.
-Amédée Pichot : ‘’Souvenirs intimes sur M de Talleyrand recueillis par M Amédée PICHOT’’  Reproduction à la demande par Forgotten Books  de l’ouvrage PARU le 24mai 1868 aux éditions E DENTU Paris.
- Emmanuel Davin article intitulé : ‘’Une Hyéroise devenue toulonnaise, puis marseillaise, fille de la duchesse de Dino, nièce de Talleyrand, 1826-1913 [Mme Bertulus, née Julie Zulmé.’’ Paru dans le  N° 8 du journal Le Fureteur N° 8 d’août 19559 (disponible contre rétribution à la BNF).
-Alphonse Denis (Article intitulé ‘’Le prince de Talleyrand à Hyères’’ par M Alphonse Denis  extrait d’un livre  aujourd’hui introuvable dont le passage concernant Talleyrand a été publié dans La vie Hyéroise  N° 6 du Jeudi 2 janvier 1930 (Source BNF disponible contre rétribution).