Le Berceau des Talleyrand-Périgord

LA MAISON DE TALLEYRAND-PÉRIGORD

La MAISON de TALLEYRAND-PERIGORD est de très ancienne extraction, c’est le moins que l’on puisse dire. Si la tradition familiale rattache ses origines à la lignée des comtes souverains de Périgord, tradition perpétuée par la publication, du vivant du Prince de Talleyrand, d’une généalogie très détaillée, plusieurs auteurs ont mis en doute ce rattachement. Selon ces derniers, les Talleyrand remonteraient aux seigneurs de Grignols (alias Grignaux) apparemment branche collatérale des comtes de Périgord, laquelle pour sa part, s’est éteinte dans les mâles en 1425.

La branche des seigneurs de Grignols qui nous intéresse commence avec Hélie Ier de Talleyrand, apanagé de la seigneurie de Grignols, en sa qualité de troisième fils d’Hélie V ,comte de Périgord, vers l’an 1199.
Le petit-fils d’Hélie Ier, Hélie de Talleyrand, deuxième du nom, est confirmé dans sa seigneurie de Grignols par son cousin Archambault III, comte de Périgord. L’an 1277, Hélie II épouse Agnès, fille et héritière d’Olivier, seigneur de Chalais ; celle-ci lui apportera le château et les terres de Chalais.
Le fils d’Hélie II et d’Agnès, Raymond Ier, qui vivait encore en l’an 1341 s’intitule sire de Grignols et de Chalais .
L’arrière petit-fils de Raymond Ier, François Ier de Talleyrand est le premier à s’intituler Seigneur de Grignols et Prince de Chalais (vers 1399). Par ce titre de « prince » il faut entendre « princeps », « le premier ».

Sous les mêmes désignations se succèdent 5 générations, jusqu’au jour où, en septembre 1613, le roi Louis XIII érige en comté la terre et châtellenie de Grignols et simultanément en marquisat la terre et seigneurie d’Excideuil. Ceci permit au bénéficiaire, Daniel de Talleyrand de se dire « prince de Chalais, comte de Grignols, marquis d’Excideuil , baron de Beauville et de Mareuil et autres lieux (dont Beauséjour).
De l’incontestable Daniel de Talleyrand descendent et parfois se mêlent, la branche aînée des princes de Chalais, plus tard ducs de Périgord, éteinte dans les mâles en 1883 avec le dernier prince de Chalais, la 2ème branche des Talleyrand-Périgord d’où descendent le Prince de Talleyrand, les ducs de Talleyrand, les ducs de Dino, les ducs de Valençay, les ducs de Montmorency, les princes et ducs de Sagan, éteinte dans les mâles en 1968 et enfin la branche cadette des barons de Talleyrand, également éteinte.

Le Château de Chalais, en Charente, fut la demeure de la famille des Talleyrand-Périgord, princes de Chalais du début du 14ème siècle jusqu’en 1883 . Si l’image de ce château demeure encore vivante de nos jours, on le doit à Charles-Maurice de Talleyrand Périgord qui y passa trois années de sa vie, de 1758 à 1760, auprès de son arrière-grand’mère, la princesse de Chalais, cette petite fille de Colbert qu’il admirait profondément. En quelques pages émues, au début de ses Mémoires, il relate cette période heureuse de son enfance en évoquant les charmes de son séjour à Chalais.
 

MEMOIRES DE TALLEYRAND

(Extraits sur son séjour, enfant, à Chalais)
Tome I  de l’édition originale , pages 8 et suivantes  Paris, CALMANN LEVY. 1981

……..«  On vint me prendre pour m’envoyer en Périgord chez madame de Chalais, ma grand’mère qui m’avait demandé. Quoique madame de Chalais  fut ma bisaïeule; il a toujours été dans mes habitudes de l’appeler grand’mère; je crois que c’est parce que ce nom me rapproche davantage d’elle.
…..On me mit, sous la garde d'une excellente femme nommée mademoiselle Charlemagne, dans le coche de Bordeaux, qui employa dix-sept jours à me conduire à Chalais. Madame de Chalais était une personne fort distinguée; son esprit, son langage, la noblesse de ses manières, le son de sa voix, avaient un grand charme. Elle avait conservé ce qu'on appelait encore l'esprit des Mortemart ; c'était son nom. Je lui plus; elle me fit connaître un genre de douceurs que je n'avais pas encore éprouvé. C'est la première personne de ma famille qui m'ait témoigné de l'affection, et c'est la première aussi qui m'ait fait goûter le bonheur d'aimer. Grâces lui en soient rendues !... Oui, je l'aimais beaucoup ! Sa mémoire m'est encore très chère. Que de fois dans ma vie je l'ai regrettée ! Que de fois j'ai senti avec amertume le prix dont devait être une affection sincère trouvée dans sa propre famille. Quand cette affection est près de vous, c'est dans les peines de la vie une grande consolation. Si elle est éloignée, c'est un repos pour l'esprit et pour le cœur, et un asile pour la pensée.
Le temps que j'ai passé à Chalais a fait sur moi une profonde impression. Les premiers objets qui frappent les yeux et le cœur de l'enfance déterminent souvent ses dispositions, et donnent au caractère les penchants que nous suivons dans le cours de notre vie.
Dans les provinces éloignées de la capitale, une sorte de soin que l'on donnait à la dignité, réglait les rapports des anciens grands seigneurs qui habitaient encore leurs châteaux avec la noblesse d'un ordre inférieur et avec les autres habitants de leurs terres. La première personne d'une province aurait cru s'avilir, si elle n'avait pas été polie et bienfaisante. Ses voisins distingués auraient cru se manquer à eux-mêmes, s'ils n'avaient pas eu pour les anciens noms une considération, un respect, qui, exprimés avec une liberté décente, paraissaient n'être qu'un hommage du cœur. Les paysans ne voyaient leur seigneur que pour en recevoir des secours et quelques paroles encourageantes et consolatrices, dont l'influence se faisait sentir dans les environs, parce que les gentilshommes cherchaient à se modeler sur les grands de leur province.
Les mœurs de la noblesse en Périgord ressemblaient à ses vieux châteaux; elles avaient quelque chose de grand et de stable; la lumière pénétrait peu, mais elle arrivait douce. On s'avançait avec une utile lenteur vers une civilisation plus éclairée.
La tyrannie des petites souverainetés n'existait plus; elle avait été détruite par l'esprit chevaleresque, par le sentiment de galanterie qui, chez les peuples du Midi, en fut la suite, et surtout par l'accroissement du pouvoir royal qui s'était fondé sur l'émancipation des peuples.
Quelques vieillards dont la carrière de cour était finie, aimaient à se retirer dans les provinces qui avaient vu la grandeur de leur famille. Rentrés dans leurs domaines, ils y jouissaient d'une autorité d'affection que décoraient, qu'augmentaient les traditions de la province et le souvenir de ce qu'avaient été leurs ancêtres. De cette espèce de considération, il rejaillissait une sorte de crédit sur ceux qui se tenaient près de la faveur. La Révolution même n'est pas parvenue à désenchanter les anciennes demeures où avait résidé la souveraineté. Elles sont restées comme ces vieux temples déserts dont les fidèles s'étaient retirés, mais dont la tradition soutenait encore la vénération.
Chalais était un des châteaux de ce temps révéré et chéri. Plusieurs gentilshommes d'ancienne extraction y formaient à ma grand'mère une espèce de cour qui n'avait rien de la vassalité du XIIIème siècle, mais où les habitudes de déférence se mêlaient aux sentiments les plus élevés. M. de Benac, M. de Verteuil, M. d'Absac, M. de Gourville, M. de Chauveron, M. de Chamillard, se plaisaient à l'accompagner tous les dimanches à la messe paroissiale, remplissant chacun auprès d'elle des fonctions que la haute politesse ennoblissait. Auprès du prie-Dieu de ma grand'mère, il y avait une petite chaise qui m'était destinée.
Au retour de la messe, on se rendait dans une vaste pièce du château qu'on nommait l'apothicairerie. Là, sur des tablettes, étaient rangés et très proprement tenus de grands pots renfermant divers onguents dont, de tout temps, on avait la recette au château; ils étaient chaque année préparés avec soin par le chirurgien et le curé du village. Il y avait aussi quelques bouteilles d'élixirs, de sirops, et des boîtes contenant d'autres médicaments. Les armoires renfermaient une provision considérable de charpie, et un grand nombre de rouleaux de vieux linge très fin et de différentes dimensions.
Dans la pièce qui précédait l'apothicairerie, étaient réunis tous les malades qui venaient demander des secours. Nous passions au milieu d'eux en les saluant. Mademoiselle Saunier, la plus ancienne des femmes de chambre de ma grand'mère, les faisait entrer l'un après l'autre: ma grand'mère était dans un fauteuil de velours; elle avait devant elle une table noire de vieux laque; sa robe était de soie, garnie de dentelles; elle portait une échelle de rubans et des nœuds de manches analogues à la saison. Ses manchettes à grands dessins avaient trois rangs : une palatine, un bonnet avec un papillon, une coiffe noire se nouant sous le menton, formaient sa toilette du dimanche, qui avait plus de recherche que celle des autres jours de la semaine.
Le sac de velours rouge galonné d'or, qui renfermait les livres avec lesquels elle avait été à la messe, était porté par M. de Benac, qui, par sa bisaïeule, était un peu de nos parents. Mon droit me plaçait auprès de son fauteuil. Deux sœurs de la charité interrogeaient chaque malade sur son infirmité ou sur sa blessure. Elles indiquaient l'espèce d'onguent qui pouvait les guérir ou les soulager. Ma grand'mère désignait la place où était le remède; un des gentilshommes qui l'avaient suivie à la messe allait le chercher ; un autre apportait le tiroir renfermant le linge: j'en prenais un morceau, et ma grand'mère coupait elle-même les bandes et les compresses dont on avait besoin. Le malade emportait quelques herbes pour sa tisane, du vin, des drogues pour une médecine, toujours quelques autres adoucissements, dont celui qui le touchait le plus était quelque bon et obligeant propos de la dame secourable qui s'était occupée de ses souffrances.
Des pharmacies plus complètes et plus savantes employées même aussi gratuitement par des docteurs de grande réputation, auraient été loin de rassembler autant de pauvres gens, et surtout de leur faire autant de bien. Il leur aurait manqué les grands moyens de guérison pour le peuple: la prévention, le respect, la foi et la reconnaissance.
L'homme est composé d'une âme et d'un corps, et c'est la première qui gouverne l'autre. Les blessés sur la plaie desquels on a versé des consolations, les malades à qui on a montré de l'espérance sont tout disposés à la guérison; leur sang circule mieux, leurs humeurs se purifient, leurs nerfs se raniment, le sommeil revient et le corps reprend de la force. Rien n'est aussi efficace que la confiance; et elle est dans toute sa plénitude, quand elle émane des soins d'une grande dame autour de laquelle se rallient toutes les idées de puissance et de protection.
Je m'arrête probablement trop sur ces détails, mais je ne fais point un livre; je recueille seulement mes impressions; les souvenirs de ce que je voyais, de ce que j'entendais dans ces premiers temps de ma vie sont pour moi d'une douceur extrême. « Votre nom, me répétait-on chaque jour, a toujours été en vénération dans notre pays. Notre famille, me disait-on affectueusement, a été de tout temps attachée à quelqu'un de la maison... C'est de votre grand-père que nous tenons ce terrain... c'est lui qui a fait bâtir notre église... la croix de ma mère lui a été donnée par Madame... les bons arbres ne dégénèrent pas ! Vous serez bon aussi, n'est-ce pas?... » Je dois vraisemblablement à ces premières années l'esprit général de ma conduite. Si j'ai montré des sentiments affectueux, même tendres, sans trop de familiarité; si j'ai gardé en différentes circonstances quelque élévation sans aucune hauteur, si j'aime, si je respecte les vieilles gens, c'est à Chalais, c'est près de ma grand'mère que j'ai puisé tous les bons sentiments dont je voyais mes parents entourés dans cette province, et dont ils jouissaient avec délices. Car il y a un héritage de sentiments qui s'accroît de génération en génération. Les nouvelles fortunes, les nouvelles illustrations ne pourront de longtemps en connaître les douceurs . Les meilleurs d'entre eux protègent trop. Faites dire par la maréchale Lefebvre  à une noble famille d'Alsace, pauvre et revenue de l'émigration: « Que ferons-nous de notre fils aîné?... Dans quel régiment placerons-nous son frère?... Avons-nous un bénéfice en vue pour l'abbé?... Quand marierons-nous Henriette?... Je sais un chapitre où nous devrions faire entrer la petite.... » Elle voudra être bonne, elle sera ridicule. Un sentiment intérieur repoussera sa bienveillance, et l'orgueil de la pauvreté jouira même de ses refus. Mais j'oublie trop que je n'ai que huit ans; je ne dois pas voir encore que les mœurs actuelles annoncent que cet héritage de sentiments doit diminuer chaque jour.
J'appris à Chalais tout ce qu'on savait dans le pays quand on était bien élevé; cela se bornait à lire, à écrire et parler un peu le périgourdin. J’en était là de mes études quand je dus repartir à Paris. Je quittai ma grand’mère avec des larmes que sa tendresse me rendit. Le coche de Bordeaux me ramena en dix-sept jours comme il m’avait amené……. »
 

AUTRES PERSONNAGES IMPORTANTS

Henri, comte de Chalais, décapité à Nantes en 1626 à 27 ans.

Henri de Talleyrand, comte de Chalais : (1600-1626)

La princesse des Ursins

Aussi intelligente que belle et intrigante, Anne-Marie de La Trémoille (1642-1722) fille de Louis II duc de Noirmoutier, épouse en 1659 Adrien-Blaise de Talleyrand, prince de Chalais et marquis d’Excideuil.
Celui-ci après un duel célèbre (1663) doit s’exiler en Espagne où son épouse le rejoint. Puis le couple gagne la République de Venise. Là, Chalais meurt de la peste au village de Mestre, en 1670. En 1675, la veuve épouse Flavio Orsini, duc de Bracciano et son palais devient le centre de l’influence française en Italie, dans le domaine vestimentaire notamment.
Redevenue veuve en 1698, elle décide de regagner la France sous le nom de  Princesse des Ursins. Bientôt, elle devient camera mayor de la reine d’Espagne, Marie-Louise, l’épouse de Philippe V. Elle exerce une énorme influence sur la Cour et la politique espagnole. Elle finit par obtenir de Louis XIV, réticent, l’autorisation de la Grandesse d’Espagne pour son cher neveu Jean-Charles de Talleyrand, comte de Grignols, prince de Chalais, marquis d’Excideuil, baron de Beauville, etc.
Mal acceptée par la reine Elisabeth Farnèse , laquelle a succédé à Marie-Louise auprès de Philippe V, la princesse des Ursins se voit congédiée. Elle se retire à Rome pour le restant de ses jours.

La princesse de Chalais, arrière grand’mère de Charles-Maurice

Voir les extraits des Mémoires de Talleyrand

Le dernier prince de Chalais (branche aînée)

Elie-Louis-Roger de Talleyrand, de la branche aînée de la famille Talleyrand-Périgord, naît le 23 novembre 1809. Comte de Périgord, il devient prince de Chalais par renonciation de son père Augustin-Marie-Elie-Charles, ce dernier prenant alors le titre de duc de Périgord. Elie devient lui-même duc de Périgord  au décès de son père, le 8 juin 1879.
Le 28 février1832, il épouse Victorine de Beauvilliers qui lui donne 2 filles : Emma, née en 1833 et Elodie 1834-1835, alors que la mère est décédée en couches. Cette alliance explique la présence du prince de Chalais au château de Saint- Aignan-sur Cher, demeure ancestrale des Beauvilliers.
Sans descendance directe, le prince de Chalais lègue l’ensemble de ses biens à l’hôpital de Chalais. Il meurt en 1883. Ce legs comprend le château de Chalais avec tous les domaines qui en dépendaient plus une somme de 100.000 francs or afin de constituer des ressources pour la création et le maintien d un hospice de vieillards qui est effectivement inauguré en 1889 .Ces vieillards devaient avoir vécu dans les communes concernées par les domaines et être recommandés par leur curé.
Ces domaines représentaient plus de 600 hectares de terre, outre Chalais, ils étaient constitués en particulier des châteaux et des terres de Grignols, d’Excideuil, de Mareuil et de Beauséjour. Tous les châteaux ont été vendus à l’exception de celui de Chalais. L’hôpital de Chalais est toujours propriétaire du château de Chalais et de l’ensemble des terres.
 

LES CHÂTEAUX

Chalais

Construit dès le Moyen Age, le château fut ruiné au XIème siècle par une guerre entre barons. Reconstruit, il fut occupé par une garnison anglaise (en réalité, gasconne) pendant toute la guerre de Cent ans. Assiégé par Charles VII, roi de France, il fut pris le 17 juin 1453, après cinq jours de siège. Les Anglais furent libérés contre paiement d’une rançon, les mercenaires gascons et ceux des habitants de la ville qui soutenaient les Anglais furent exécutés. Le château fut ensuite détruit, à l’exception de la tour carrée. Reconstruit à nouveau juste avant les guerres de religion, il est remanié en 1745.

Bâti sur un promontoire qui domine la petite ville de Chalais, le château est imposant. L’accès à la cour d’honneur se fait par un pont-levis du XVIème siècle, un des rares encore en fonction en France. Le corps principal du logis d’architecture Renaissance, flanqué de pavillons en saillie, attire l’attention par sa façade austère très XVIIème siècle et par ses hauts toits d’ardoise, rares en Charente. Enfin une haute tour carrée du XIVème avec mâchicoulis domine la vallée.

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Un dîner au restaurant gastronomique à l’intérieur du château même s’impose à ceux qui viennent à Chalais pour Talleyrand car ,outre la cuisine raffinée, le restaurateur et l’actuel cuisinier sont de bons connaisseurs du Prince, ce qui prolonge agréablement la soirée.

Avant de se coucher dans un l’un deux gîtes aménagés dans les dépendances du château, on s’extasie devant le spectacle du château illuminé avec l’impression d’être bien protégé, une fois le pont-levis relevé et la grande clef de la petite porte d’accès latérale en main.

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Cet imposant château, bien restauré, se visite.
Renseignements sur http://www.chalais.net/ et sur le site de Charente.com

Grignols

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« Le château fort de Grignols fut le berceau et la demeure de la Famille de Talleyrand-Périgord du XIème au XV ème siècle, il resta leur propriété jusqu’en 1883.

 Le château de Grignols, tel qu’il nous est parvenu aujourd’hui jamais modifié, présente un intérêt historique non seulement au point de vue architectural et militaire du XIIIème siècle mais aussi à cause d’un système décoratif insoupçonné des premières années du XVIème siècle. La forteresse féodale primitive a été bâtie par Boson de Grignols dans la première partie du XIIIème siècle sur l’emplacement d’un château plus ancien. La seule modification apportée au XIVème siècle a été la construction, à l’entrée du château sur la deuxième enceinte, d’une tour dotée d’une porte ogivale.

Lorsque Hélie de Talleyrand reçut de son épouse le château et les terres de Chalais, le berceau de la famille cessa d’être la résidence principale au profit de Chalais et devint un lieu de séjour occasionnel ne subsistant plus qu’à l’état de forteresse. En 1376, le Maréchal de Sancerre s’empara du château et fit prisonnier Boson de Talleyrand qui dut faire sa soumission au roi de France. Ce fut le début de la brillante fortune de la famille de Talleyrand-Périgord dont plusieurs de ses membres tinrent une place de premier plan à la Cour. Vers 1495 à 1505, Jean de Talleyrand pris l’initiative de moderniser le château de ses ancêtres sans pour autant en atténuer la valeur militaire en ajoutant deux bâtiments distincts servant de lieux d’habitation et de réception. Chambellan des rois Charles VIII et Louis XII, il accueillit plusieurs fois la Reine Anne de Bretagne.

Après de nombreux sièges, cette forteresse fut anéantie par l’armée du prince de Condé en 1652 ; abandonnée pendant une longue période elle a fait partie des biens légués en 1883 par le prince de Chalais à l’hôpital qui le vendit par la suite. Il appartient depuis lors à des propriétaires privés qui le restaurent, le meublent et l’habitent. Les propriétaires actuels n’hésitent pas à le faire visiter lorsqu’ils sont présents en été. On peut alors admirer les douves, les remparts, les courtines , la barbacane et les chemins de ronde, le porche d’entrée, le donjon et un ensemble de sept salles avec leurs cheminées avec leur mobilier des XVet /XVIème siècles. »

Mareuil sur Belle

De la puissante forteresse de plaine qu’était Mareuil au Moyen Age, il ne reste rien. Les seigneurs de Mareuil, toujours fidèles au roi de France, eurent de ce fait souvent maille à partir avec les anglais qui pillèrent régulièrement leurs terres et saccagèrent leurs biens. D’un second château-forteresse tour à tour assaillis par les français et les anglais, ne demeurent que quelques tours ruinées et des bases de muraille. Au XVeme siècle Geoffroy de Mareuil reconstruit non plus une forteresse mais une résidence de plaisance en style gothique flamboyant , transition vers les prestigieuses résidences de la Renaissance. Le château, victime des terribles guerres de religion, est incendié et abandonné un siècle et demi plus tard. Vendu plusieurs fois le château tombe, au début du XVIIeme siècle, par Isabelle de Beauville dans l’héritage de sa fille Jeanne-Françoise, épouse de Daniel de Talleyrand-Périgord

. René Brault / S.I. Excideuil. René Brault / S.I. Excideuil.
Copyrigh René Brault / S.I. Excideuil

Les Talleyrand entreprennent des restaurations importantes mais semblent avoir cessé de l’habiter à la fin de l’Ancien Régime. En 1883 il fait partie de l’ensemble des biens légué par le prince de Chalais à l’Hôpital de Chalais qui le transforme en exploitation agricole. Enfin en 1963, le château est racheté restauré, remeublé et habité à nouveau .

Texte tiré de Notes d’Histoire de Georges Barrat, abrégées, pour la visite du château de Mareuil (1985) et du feuillet Historique du château de Mareuil. Documents aimablement communiqués par les Syndicats d’Initiative d’Excideuil et de Mareuil. 24340 Mareuil sur belle tel. 05 53 60 99 85

Excideuil

Le livre « Excideuil » de Jean de Beaugourdon et Jean Paul Laurent donne des renseignements très précieux dont on tire le résumé ci-après sur l’histoire pleine de fureur de ce château. Son édification est due aux vicomtes de Limoges qui érigèrent, dès le XI/XII ème siècle, des remparts et un donjon. Dès son origine, il fut l’objet d’incessantes attaques et de nombreux changements d’occupants. Lors des guerres de religions, le château qui était devenu la propriété de Jeanne d'Albret, Reine de Navarre, possédait une garnison catholique, ce qui lui valut à l'automne 1574, d'être attaqué et pris par les soldats huguenots. Leur triomphe fut toutefois de courte durée, car au printemps suivant, il retomba aux mains des catholiques.

Après la mort de sa mère, Henri prit le titre de Roi de Navarre, mais pour faire face à tous ses besoins d'argent, il du aliéner certaines seigneuries du Vicomté. C'est ainsi que le 23 Mars 1582, devant un notaire poitevin, il céda, moyennant la somme de 150.000 livres, le château et la châtellenie d'Excideuil au Comte François des Cars. Devenu possesseur du château, le Comte des Cars transforma le sévère édifice militaire en une somptueuse résidence.

Copyright Jacques Moatti / S.I. Excideuilexcideuilexcideuilexcideuil
Copyright Jacques Moatti /  S.I. Excideuil

Le mariage de la fille de la Comtesse des Cars avec Daniel de Talleyrand, Prince de Chalais, et personnage très en faveur à la cour, permit à la terre d'Excideuil d'être érigée en marquisat en 1613. Malheureusement les Talleyrand, retenus à la cour par leurs charges, ne firent que de brèves apparitions au château d'Excideuil. Les plus belles pièces du mobilier, mais aussi les statues, les cheminées furent transférées dans leur demeure de Chalais .

Laissé sans soin, le château était déjà assez délabré bien avant la révolution. Longtemps abandonné, il renaît aujourd’hui, grâce aux efforts de l’actuel propriétaire pour la demeure principale et de la commune pour les partie communales qui se visitent.

D'après “Excideuil” de Jean de Beaugourdon et Jean Paul Laurent -1954- © Éditions Graphica- Excideuil.  Extraits publiés grâce à l’obligeance du Syndicat d'initiatives d'Excideuil.
Téléphone : 05 53 62 95 56
 

André Beau, Pierre Guimbretière, septembre 2002