PLAQUE COMMÉMORATIVE DU TRAITÉ DE PRESBOURG

Presbourg, capitale de la Hongrie pendant trois siècles (XVIe au XIXe) est le nom allemand de Bratislava qui est, depuis 1993, la capitale de la République slovaque. Cette plaque a été apposée en 1905 sur la maison où, le 26 décembre 1805, fut signé le traité de paix de Presbourg par Charles-Maurice de Talleyrand et, du côté autrichien, par le prince de Lichtenstein.

Cet évènement se situe à l'apogée de la puissance et de la gloire napoléonienne mais il marque aussi le moment ou l'immense attachement de Talleyrand envers l'Empereur commença à s'infléchir. Déjà, lorsque Napoléon, en quittant Boulogne en août 1805, lui annonça son intention d'attaquer l'Autriche, Talleyrand n'était pas tout à fait d'accord. Le ministre de Prusse à Paris, Lucchesini, avec lequel il entretenait des relations amicales écrit même qu'il était au désespoir. Emile Dard (1) nous dit que, le 1er octobre, à Strasbourg, Napoléon embrassa Joséphine, puis Talleyrand, les serrant ensemble contre lui devant M. de Rémusat, en disant " Il est pourtant bien pénible de quitter les deux personnes qu'on aime le mieux ".

C'est le même jour qu'eut lieu la fameuse crise de nerf de l'Empereur qui fait dire à certains qu'il souffrait du haut mal. Talleyrand la rapporte dans ses Mémoires. Talleyrand n'a pas pu opposer ses idées de modération à la politique de gloire et de grandeur de l'Empereur qui marchait de victoires en victoires. Il lui présenta le 17 octobre 1805 un mémoire donnant ses vues sur la paix future. (2) C'est à ce moment que l'Empereur, peu réceptif aux conseils, commença à son tour à se détacher de son ministre.

Puis, ce fut Austerlitz, la perfection dans le triomphe et la gloire, malgré Trafalgar.. Talleyrand, pour des raisons d'équilibre politique de l'Europe (ses détracteurs ont dit par intérêt), ne voulait pas que l'Empereur " abuse de ses victoires " envers l'Autriche. (3) Il négocia habilement ce traité de paix de Presbourg qui devait modifier toute la géographie de l'Europe. Il réussit à édulcorer certaines clauses trop dures voulues par Napoléon. Les autrichiens lui en furent reconnaissants, ce qui explique le souvenir qu'évoque cette plaque.

(1)- Emile Dard. Napoléon et Talleyrand. PLON 1935. p.104 (2)- ibid. p. 106 (2)- ibid. p. 108 17 juin 2004

Texte de Jacques Brun, photo de la plaque commémorative de Jacqueline Boulvert, traduction de Françoise Aubret-Ehnert. Photo de la "maison", Palais Primatial de Presbourg (aujourd'hui Bratislava) de Marie-Claire Guimbretière

Plaque commémorative et traduction

C'est dans cette maison que fut conclu, le 26 décembre 1805 après la bataille d'Austerlitz la paix de Presburg qui enlevait à l'Empire de l'Empereur d'Autriche François 1er la Vénétie, l'Istrie , la Dalmatie et le Tyrol ,mais qui, par contre éleva l 'Empereur Napoélon au sommet de sa puissance.

Le traité de paix fut signé du coté de l'Empereur Français par Talleyrand et, du côté autrichien, par le prince de Lichtenstein En souvenir de ce grand évènement mondial, cette plaque commémorative fut apposée par la population de Presburg en 1905 sur le mur de cette maison à l'occasion du centième anniversaire de ce jour

"La Maison", ancien Palais Primatial de Presbourg

 

En commémoration du Bicentenaire de la signature de ce traité, un colloque a été organisé à Bratislava le 24 et 25 novembre 2005.

"La Paix de Presbourg de 1805, contexte et conséquences"

Austerlitz.... comme si vous y étiez

Lire le traité de Presbourg

Voir l'original du traité de Presbourg

Voir l'original de la ratification autrichienne