VILLE D'AUTUN - MUSEE ROLIN

Talleyrand s'adressant au Baron de Gagern :

"Ne m'appelez pas Altesse, je suis moins et peut-être mieux que cela, appelez-moi Monsieur de Talleyrand, tout simplement".
Georges Lacour-Gayet, Talleyrand 1754-1838 (Payot, 1928-1934), réd. 91


Talleyrand : autoportrait :

"On dit toujours de moi ou trop de mal, ou trop de bien : je jouis des honneurs de l'exagération".
André Castelot, Talleyrand ou le cynisme (Perrin, 1980)

 


VILLE D'AUTUN - MUSEE ROLIN

"TALLEYRAND OU LE MIROIR TROMPEUR.
Images du prince, images du diable"

Exposition temporaire proposée par le musée Rolin
du 16 novembre 2005 au 15 février 2006


Talleyrand, ancien évêque d'Autun, a servi neuf régimes et prêté treize serments. Né et formé sous le règne de Louis XV et mort l'année de l'avènement de la reine Victoria, cet homme fascinant, joueur invétéré, grand séducteur, s'affiche désormais grâce aux études récentes comme un homme brillant, à l'ironie distante et à l'esprit subtil. Cet homme, pénétré de la science de son époque, s'est souvent montré à la hauteur face aux bouleversements politiques que subit l'Europe depuis deux siècles. Grand seigneur de l'ancien temps, fidèle à ses origines, il s'affiche comme un homme de pouvoir moderne, visionnaire éclairé dans un contexte souvent difficile. Emmanuel de Waresquiel, chercheur à l'Ecole pratique des hautes études, en a dressé un portrait profondément humain et d'une rare intelligence dans sa récente biographie (Talleyrand, le prince immobile, Fayard, 2003).

Le musée Rolin partagera le commissariat de cette exposition avec Emmanuel de Waresquiel et se propose d'aborder la personnalité de Talleyrand et son action politique à travers le monde de la caricature. Selon la distinction de Beaudelaire, il s'agira dans ce cas précis de caricatures "historiques" plus qu'"artistiques". Grâce à son excellente connaissance du terreau politique contemporain, cet historien entend déchiffrer ces images satiriques, dessins humoristiques ou portraits charges, qui ont été réalisés en grand nombre mais dont la lecture s'avère souvent difficile aujourd'hui.

La caricature, largement comprise à l'époque, puise ses arguments partout et se diversifie sans cesse tout en faisant appel à des types ou à des symboles conventionnels. Par la simplification ou l'exagération, par l'invention ou la parodie, elle reste un formidable témoignage de l'instant vécu. Les différents aspects de la caricature engagée seront déclinés à travers quatre temps forts :

1 - Révolution et Directoire
2 - Consulat et Empire
3 - Restauration
4 - Monarchie de juillet

Ils permettront de présenter aux visiteurs une soixantaine de gravures issues de collections publiques et privées dont la plupart de grandes dimensions, rehaussées d'aquarelle, n'a jamais été exposée. En contre point à ces gravures engagées, provoquant un rire grinçant ou stigmatisant un fait, il a été retenu de présenter les plus beaux portraits officiels ou intimes de Charles-Maurice de Talleyrand Périgord. Ces derniers ont été confiés au pinceau des plus grands artistes de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles : Gérard, David, Prudhon, Isabey, Ary Scheffer… Leur étude en sera confiée à Sylvain Laveissière, conservateur au département des peintures du musée du Louvre. Mobilier, documents d'archives, objets personnels concourront également à l'évocation de Talleyrand en grande partie inédite.

Prêts des collections publiques françaises : Archives nationales, Bibliothèque nationale de France, musée du Louvre (cabinet des dessins), musée Carnavalet, musée de l'Armée (Paris), musée Lambinet (Versailles), musée d'histoire du château de Versailles, archives départementales de l'Indre (château de Valençay), musée Rolin, Société Eduenne (Autun).

Exposition ouverte tous les jours, sauf les mardis, 25 décembre et 1er janvier
de 10 h à 17 h
MUSEE ROLIN – 5, rue des BANCS - 71400 AUTUN
03 85 52 09 76