TALLEYRAND ET SON ENTOURAGE A LA SUITE DE LA GRANDE ARMEE (1806-1807)
SOUVENIRS D'UN DANOIS AU SERVICE DE LA FRANCE, (extraits)

Première Partie

Source : Gallica (1)


Peter Andreas Heiberg (2)
Traduit par E.G Ledos


Dans le dernier semestre de 1806 éclata la guerre avec la Prusse. On savait que le ministre devait suivre le quartier général de l'Empereur et avec lui quelques membres seulement des différents bureaux. Mon collègue Henrichs était tout joyeux, pleinement convaincu qu'il serait du nombre, ce que je croyais aussi. II vint plus d'une fois le jour me trouver dans mon cabinet et s'entretint avec moi des avantages qu'il attendait de ce prochain voyage ; et quand je vins le voir, je vis sa table chargée de paquets empilés, dont des amis, me dit-il, l'avaient chargé pour l'Allemagne; il était si accablé de commissions qu'il ne savait comment il y pourrait faire face. Mais qu'arriva-t-il? Je fus un jour appelé dans le cabinet du ministre, qui me dit de me préparer au voyage, fixé pour quelques jours plus tard. Je sentis de suite combien cette décision affligerait profondément ce pauvre Henrichs et blesserait son amour-propre.

Ma première pensée fut cependant une grande satisfaction des avantages que je retirerais de ce voyage ; mais ensuite je crus de mon devoir de faire une remarque qui avait peut-être échappé au ministre et qui, une fois son attention attirée, était capable de changer sa détermination. Je lui demandai si l'important travail relatif aux livres d'église luthériens dont il m'avait récemment chargé pouvait être mis de côté. « Cela n'offre aucune presse, me répondit-il, et peut attendre notre retour. Allez et faites vos préparatifs. » Je n'oublierai jamais l'abattement du pauvre Henrichs quand je lui donnai cette information avec tous les détails. Ce qui est advenu de ses paquets et de ses commissions, je n'en ai jamais rien su.


Ce qui m'avait le plus gagné la faveur du ministre Talleyrand, si je ne me trompe, était un travail entrepris de ma propre initiative et sans qu'il me l’ai été prescrit par personne. Je dressai un tableau chronologique de tout ce qui s'était passé de remarquable en Europe et particulièrement en France pendant l'année 1805. Le ministre, après avoir examiné ce tableau, me fit l'honneur de me dire qu'il le trouvait fort bien fait et tout à fait utile et commode. J'en fis de semblables pour les années 1806 et 1807. Mais alors Talleyrand quitta le ministère et je cessai mon travail, ne sachant si son successeur y trouverait ou non quelque utilité. J'eus d'ailleurs, comme on l'apprendra par la suite et comme on l'a déjà vu, divers autres travaux assez longs qui prenaient tout le temps que me laissaient mes occupations journalières.

Ce n'est qu'en octobre que je quittai Paris, en compagnie de trois de mes collègues, sur un char à quatre roues, ayant sur le siège un ou deux des laquais du ministre. Les personnes qui faisaient partie de la société pour le voyage étaient M. Roux de Rochelle, chef de la division poli¬tique du Midi, qui devint envoyé français à Hambourg, M. Durant Saint-André, frère du baron Durant de Mareuil, sous-chef à l'époque de la division politique du Nord et depuis consul à Philadelphie; enfin M. Challaye, alors copiste ou, selon l'expression du langage administratif français, expéditionnaire, actuellement consul général de France à Madrid.

Le voyage se fit sans arrêt jusqu'à Mayence, où nous avions ordre d'attendre le ministre. Nous descendîmes dans une maison qui, par les soins du préfet, était destinée à lui servir de logement, à lui et à sa suite; ce préfet était M. Jean Bon Saint-André, connu comme membre de la Convention et depuis consul français en Syrie.
Le lendemain, le ministre Talleyrand arriva, avec le reste du personnel, composé du comte Labesnardière(3) , chef de la division politique du Nord, et de trois jeunes hommes, secrétaires de la main du ministre, sans compter le valet de chambre, le cuisinier et quatre ou cinq autres domestiques.


Dès le premier jour, j'eus l'occasion de voir avec quelle finesse Talleyrand sait donner à ses subordonnés des leçons, voire des répri¬mandes, sans froisser le moins du monde leur amour-propre, mais de manière à provoquer jusque chez l’intéressé Ie sourire et même un franc rire. Le susdit M. Roux, homme très honorable, sympathique et bien¬veillant, avait la faiblesse, dans ses projets de dépêches, de courir après un langage élégant et de jolies phrases, au détriment parfois d'une qualité plus essentielle : la clarté, tandis que le ministre estimait particulièrement la rédaction de M. Labesnardière, qui savait joindre merveilleusement la concision à la clarté. Après le repas, auquel aucun étranger n'avait été invité, nous étions tous réunis au salon et nous causions de choses indifférentes et, l'on peut dire, insignifiantes. Je ne me souviens pas de ce qui amena sur les lèvres de l'un des interlocuteurs les mots de zèle administratif et d'empressement. Talleyrand saisit l’occasion et dit : « J'entends parler de zèle et d'empressement, je tiens que ces deux qualités doivent être en rapport inverse de l’importance du poste que l'on revêt. Par exemple, en qualité de ministre, il ne me convient pas d'avoir de l'empressement. Vous, M. Roux, comme chef de division, vous ne devez pas avoir beaucoup de cette qualité, mais seulement un peu plus que moi. Vous, M. Challaye, en qualité d'expéditionnaire, il vous en faut davantage ; un garçon de bureau n'en aura jamais trop. » Là-dessus il y eut un rire général, auquel M. Roux s'associa bien qu'il sentît probablement que la leçon s'adressait à lui.

Le même soir, le ministre nous dit « Vous êtes en voyage et l'on ne peut exiger que vous portiez avec vous toute une garde-robe ; je vous autorise donc à vous mettre à table bottés, dans quelque compagnie que je vous aie invités. De même, pour échapper à une étiquette mesquine et pénible, je veux, qu'au lieu de me donner du Monseigneur, vous m'appeliez tout simplement Monsieur; il en suit que vous en userez de même avec toute autre personne sans égard à son rang, à moins que ce ne soit un personnage d'une condition supérieure à la mienne. » Ce dernier cas ne se produisit qu'une fois dans toute la campagne, et ce fut avec le Kronprinz, actuellement roi de Bavière.

A Mayence je vis le prince primat Dalberg qui dîna une fois ou deux chez le ministre. C'était un homme particulièrement poli et aimable, pas du tout oreillard, comme une foule d'autres prêtres catho¬liques. II badinait parfois sur un ton qui, tout en demeurant fort bienséant, ne portait pas la marque de l'état auquel il appartenait. Je le revis plus tard à Erfurt, mais pas d'aussi près que cette fois. Je passe sous silence diverses autres personnes plus ou moins importantes qui furent à Mayence les hôtes du ministre, mais dont je n'ai rien à dire qui puisse intéresser le lecteur.

Nous demeurâmes là jusqu'après la bataille d’Iéna, c'est-à-dire jusqu'après le 14 octobre. Le lendemain il vint du quartier général un courrier, avec une relation de cette remarquable bataille et l'ordre au ministre de partir et de se rapprocher de Berlin. Etant de toute la société le seul à parler l'allemand, je fus chargé de partir en avant pour m'assurer de la sécurité des routes. On me donna une petite voiture légère, mais couverte, qui n'avait besoin comme équipage que de deux chevaux ; et je me mis en voyage, pourvu d'un ordre écrit à tous les maîtres de poste de me fournir des chevaux, contre paiement, préférablement à tout autre voyageur…..

…..Au milieu de la nuit, j'arrivai à Fulda, dont le maréchal Mortier était gouverneur et habitait au château. Je m'y fis conduire et priai un domestique de m'annoncer. On me répondit que le général dormait ; j'insistai sur la nécessité de le réveiller parce que je venais chargé d'un message du ministre Talleyrand, mais que ma mission était de telle nature qu'il pouvait me répondre d'un seul mot s'il voulait seulement m'autoriser à venir dans sa chambre, ce qui lui éviterait le désagrément de se lever. Le serviteur fit la commission et revint aussitôt, me disant que le général allait venir à l’instant. II s'en alla, après m'avoir laissé seul dans une salle extraordinairement vaste, remarquable surtout par sa longueur démesurée éclairée seulement d'une pauvre petite lampe qui ne perçait que faiblement l'obscurité. Peu après, la solennité de cette scène nocturne fut augmentée par le bruit d'une paire de sabres qui traînaient sur le plancher de la pièce voisine. La porte s'ouvrit, et le général, d'une stature invraisemblable, entra, en grand uniforme, sur la tête le chapeau, orné d'une longue plume, qui l'obligea de se courber un peu pour passer sous la porte qui cependant n'était point basse. Il était suivi d'un aide de camp, également en grand uniforme. J'exposai mon message et demandai au général si l'on pouvait en toute sécurité traverser le champ de bataille d'Iéna et pousser de là sur Berlin ou si j'avais besoin d'une escorte. II me répondit que je n'avais aucun danger à craindre jusqu'à Erfurt et qu'il en donnerait lui-même l'assurance au ministre dans une lettre. Mais il ajouta qu'il me faudrait à Erfurt prendre des informations plus précises auprès du gouverneur, le général Clarke, sur ce qui concernait la suite du voyage jusqu'à Berlin. Là-dessus, je fis au maréchal Mortier mon compliment d'adieu et une demi-heure plus tard j'étais en voiture et poursuivais ma route. Sur le champ de bataille d'Iéna gisaient en foule les cadavres, tant d'hommes que de chevaux, qu'on n'avait pas encore eu le temps d'enterrer. Sauf ce spectacle rebutant, j'arrivai heureusement à Erfurt sans le moindre incident. J'avais ordre d'y attendre le ministre qui arriva deux jours après. …

…..Le surlendemain, comme je l’ai dit, arriva le ministre, avec le reste du personnel, et nous nous mîmes aussitôt tous ensemble sur la route de Berlin où nous arrivâmes, sans faire aucune rencontre remarquable ; nous nous installâmes dans l’hôtel destiné au ministre et qui appartenait au ministre d'Etat prussien, le comte Haugwitz, qui avait dû le quitter à l'approche de l'armée française victorieuse, pour fuir avec la famille royale et une foule des fonctionnaires les plus importants, vers une province plus éloignée de la monarchie prussienne.

On a reproché à Talleyrand une foule de crimes politiques, on l'a dénoncé comme ayant inspiré à Bonaparte nombre des mesures si funestes pour l'Europe et même pour la France qui furent prises dans ces jours, ordonnées et exécutées par la volonté inébranlable du souverain français. Combien ou combien peu de ces accusations sont vraies et fondées, il ne m'est pas possible de le déterminer. Je n'ai vu de cet homme remarquable que bien peu d'actions d'assez près pour oser porter sur elles un jugement assuré. Ce n'est donc pas de ma plume qu'il peut attendre une justification, si tant est qu'elle soit possible. Ma plume d'ailleurs ne serait pas nécessaire pour cela, car certainement il a dû travailler à sa justification dans ses Mémoires, prêts pour l'impres¬sion, je le sais d'une manière assez sûre, et qui ne paraîtront qu'après sa mort (4). Il trouvera bien d'ailleurs aussi quelques défenseurs, comme il a trouvé, de son vivant, tant d'amers et sévères accusateurs.

II y a cependant un point d'une extraordinaire importance, sur lequel il m'est possible, en toute sincérité et en pleine connaissance de cause, de le justifier d'une accusation portée contre lui pendant des années par l'Europe entière, qui l'a chargé pour cela de malédictions. Cette accu¬sation consiste à soutenir que Talleyrand fut l'inspirateur du fameux décret de Berlin du 21 novembre 1806, par lequel Napoléon établit le système général de blocus de presque tous les ports d'Europe et qui entraîna des consé¬quences extraordinairement malheureuses pour la plupart des pays, sans autre compensation que la découverte de l'art de tirer du sucre de la betterave. Le simple récit qui suit convaincra, je l’espère, le lecteur que j'ai quelque droit à parler sur cette affaire et à donner à mes concitoyens un éclaircissement qui leur manquait sans aucun doute jusqu'ici.

Un soir vers dix heures, comme je revenais du spectacle, le portier me dit que le ministre avait donné l'ordre que tout le personnel se rassemblât dans son cabinet. Je fus le premier et je le trouvai seul. II me dit que nous avions un travail qui nous prendrait une grande partie de la nuit. Puis il se mit à me questionner sur la comédie, sur Iffland et les autres acteurs, puis il passa à d'autres sujets sans importance particulière ; peu à peu arrivèrent mes collègues, et enfin M. Labesnardière, le premier par le rang comme aussi par la confiance et l'intimité de Talleyrand. Alors le ministre s'exprima en ces termes : « J'ai à vous montrer quelque chose qui vous fera dresser les cheveux sur la tête. » Il alla vers son bureau et il y prit un papier qu'il tendit à Labesnardière, en disant : « Il est dans l'usage général qu'un décret impérial s'appuie sur un rapport qui le précède et qui ait été présenté à l'Empereur par le ministre compétent. Voici au contraire un décret déjà signé par l'Empereur, qui se fonde sur un rapport encore inexistant. C'est ce décret qu'il faut rédiger et c'est votre affaire, Labesnardiere, d'avoir à mettre de l'ordre dans ce désordre. Dès demain matin des courriers devront être envoyés à toutes les légations françaises pour y porter des copies, tant du rapport que du décret . »
Labesnardière alla donc à son cabinet ; nous autres, nous nous assîmes autour d'une table pour transcrire des copies du décret et du rapport, quand ce dernier fut prêt et approuvé par le ministre.

Je ne sais si I'on continuera d'accuser Talleyrand de cet acte despotique et hautement impolitique, mais pour cela il faudra déclarer mon récit faux et controuvé. En ce cas je n'ai rien à dire, sinon que tous ceux qui ont été les témoins et les acteurs de cette affaire sont encore vivants et que je ne crains pas qu'aucun d'entre eux m'accuse de manquer à la vérité soit dans l'ensemble, soit dans les détails de mon histoire.

Si I'on me demande maintenant quel est vraiment le père et l'auteur de ce si malheureux décret, je répondrai : ou il est né dans la propre cervelle de Bonaparte et ce n'est pas du tout invraisemblable, ou il lui à été inspiré par son mauvais génie, Maret, connu depuis sous le nom de duc de Bassano, et alors secrétaire d'Etat. Cet homme, le juste pendant du marquis de Tuffières de la comédie, est peut-être celui qui a le plus attiré de calamités sur la France; et cependant il serait de la dernière injustice de l'accuser d'agir ainsi à dessein et de propos délibéré; son dévoue¬ment à Napoléon n'était pas inspiré seulement par l'ambition, bien qu'il en eut une dose peu commune, mais aussi par une espèce de fanatisme. Il attribuait à Bonaparte une sorte de toute-puissance, capable de vaincre toutes les difficultés sans avoir à redouter des obstacles insurmontables pour sa toute-puissante volonté. Aussi est-ce une vérité incontestable que Maret, au lieu de détourner Napoléon des gigantesques entreprises dans lesquelles il s'engagea, ne fit que l'y pousser et l'y exciter. Ce Maret enfin est l'homme qui contribua le plus puissamment, sans le vouloir et sans s'en douter, à préparer à Bonaparte son exil à Sainte-Hélène et la mort prématurée qui en fut la conséquence. Ce fut Maret qui envoya un de ses émissaires nommé Fleury-Chaboulon à l'île d'Elbe, pour lui annoncer qu'une conspiration était sur le point d'éclater contre la famille de Bourbon ; que l'esprit de l’armée était tout à fait séditieux et qu'il ne lui manquait qu'un chef, en qui elle put avoir confiance ; qu'il devait se hâter s'il voulait profiter du moment favorable qui risquait de passer rapidement. Toute la terre sait le succès de cet épisode de la vie de Bonaparte : et l'on peut dire en toute vérité que c'est Maret qui a été pour la France la cause de la perte de trois milliards de francs que lui a coûtés cette dernière révolution. C'est là un nouvel exemple des malheurs que peut occasionner le fanatisme, religieux ou politique ; car je n'ai aucune raison de croire que le duc de Bassano ait agi contre ses convic¬tions ou voulu trahir sa patrie. S'il eut été un traître on ne l’eut sûrement pas laissé dans l'ombre ou il se trouve, car jamais on n'entend parler de lui. Il n'est point membre de la Chambre des pairs, ni revêtu d'aucune dignité qui oblige à le nommer.

A Berlin, j'eus l'honneur, dans un dîner qui réunissait chez le ministre une cinquantaine de personnes, de me trouver à table avec le maréchal Bernadotte (6), alors prince de Ponte Corvo, aujourd'hui roi de Suède et de Norvège . J’étais à table du même côté que lui, mais assez loin ; aussitôt presque après le dîner, il quitta la société; et je ne me souviens pas d'avoir eu l'honneur d'échanger deux paroles avec lui; elles n'auraient eu d'ailleurs, comme on pense, aucune importance. Je dois avouer aussi qu'il ne m'est pas resté le moindre souvenir des traits de son visage. Sans doute je l'aurais considéré et observé avec un peu plus d'intérêt, si j'avais pu me douter à l'époque de ce qui s'est passé près de Lutzen six ou sept ans plus tard.

 

Suite

 


1 Extraits
Le document, tel que présenté ici est un large extrait de l’article de Peter Andreas Heiberg traduit par  E.-G. LEDOS. - Talleyrand et son entourage à la suite de la Grande Armée (1806-1807), souvenirs d'un Danois au service de la France paru dans la Revue des études napoléoniennes année 1919 janvier-juin  pp 195 à 217. et numérisé dans Gallica
Ont été supprimées quelques pages concernant en particulier des relations personnelles de M. Heiberg, ainsi que des notes qui donnaient des précisions sur la carrière des nombreux personnages qu’il a rencontrées au cours de ces déplacements. Les notes conservées, une dizaine, donnent des informations complémentaires sur les personnalités et les événements directement liés au récit. L’article est disponible dans sa totalité sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale  http://gallica.bnf.fr/ 
A la fin ce cet article tel que publié par M.Ledos dans la revue des études européennes, figurait la mention :  « la suite dans un prochain numéro ». Il a été impossible de trouver cette seconde partie soit parce que manquaient dans les collections de la Bibliothèque Nationale les n° des années 1920 et 1921 soit parce que la revue n’a pas publié la seconde partie de l’article qui, en outre, n’a peut être même pas été traduite. Au cas où un lecteur disposerait de la traduction de cette seconde partie, nous serions heureux de nous la voir confiée pour pouvoir la présenter sur ce site.

Le site www.talleyrand.org

 2 Les pages qui suivent forment les chapitres vi et vii des Souvenirs de ma vie politique, sociale et littéraire en France (Erindringer of min politiske, selskabelige og ­litteraere Vandel i Frankrig), publies en 1830 à Christiania, chez P-J.. Hoppe, par Peter Andreas Heiberg

3 La Besnardière (Jean-Baptiste de Gorey de), 1" octobre 1765-30 avril 1843, ancien oratorien, l'un des secrétaires les plus appréciés de Talleyrand, sous-chef du bureau des consulats (an VIII), chef de la 2° division (1806), de la 1re (1808-1818), créé comte par Louis XVIII le 20 novembre 1816.

4 On sait la polémique soulevée par la publication en 1890 des Mémoires du prince de Talleyrand, dont l’authenticité, sous la forme du moins sous laquelle ils nous ont été livrés par M. de Broglie, d'après la copie de M. de Bacourt, a été si vivement discutée. Sur cette polémique, voir Maurice Tourneux, Bibliographie de l'histoire de Paris pendant la Révolution, t. IV (Paris, Association ouvrière, 1906, gr. in-8), n° 25471 et suiv.; et Pierre Caron, Bibliographie des travaux publiés de 1866 à 1897 sur l'histoire de la France (Paris, Comely, 1912, in-8), n° 4158. Il peut être intéressant de noter que dès 1828 ou 1829 (c'est vers cette époque qu'écrit Heiberg), il existait une copie au moins de ces Mémoires. Il est regrettable que Heiberg ne nous donne pas le nom de son garant.

 5 Dans ses Mémoires, tels que nous les avons, Talleyrand ne dit rien de son rôle dans cette affaire, mais il parle nettement de ses dissentiments avec Napoléon et de l'intention où il était dès lors de quitter le ministère des Relations extérieures, ce qui eut lieu en 1807.

 6 Bernadotte (Jean-Baptiste-Jules), 26 janvier 1764-8 mars 1844. C'est le 5 juin.1806 qu'il avait été créé prince de Ponte Corvo. Il fut choisi le 21 août 1810 comme prince royal de Suède et prit le nom de Charles-Jean et il succéda, sous le nom de Charles XIV, à Charles XIII, mort le 5 février 1818.