Un week-end à Valençay, à l’automne 2006.

Cette année, le 7 et 8 octobre 2006, Charles-Maurice nous conviait sur ses terres à Valençay afin de participer à l’assemblée générale de l’association.
Nous arrivons donc samedi en début d’après-midi et nous rendons visite à l’illustre seigneur des lieux en parcourant sa demeure. Le château nous attend, toujours aussi majestueux, précédé d’un parc bien ordonnancé, le pavillon d’entrée est une énorme construction traitée en donjon de plaisance ; c’est  Renaissance du Val de Loire avec les premières touches du style classique.

Ce château fut construit en 1540 par Jacques d’Etampes, châtelain du lieu, il épouse la fille d’un banquier, Jeanne Bernard et veux avoir une demeure digne de sa nouvelle fortune. Plusieurs  familles d’Etampes le possèdent successivement et l’embellissent ; au 17é siècle est ajoutée l’aile ouest, remaniée au 18è siècle.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, alors ministre des Relations extérieures, achète, en 1803,  le château que nous découvrons actuellement,.
En effet, à la demande pressante de Bonaparte, il est chargé d’organiser de somptueuses réceptions en l’honneur des étrangers de marque et il accueillera en 1808 Ferdinand d’Espagne, son frère Carlos et son oncle Antoine.

Une fois passé le porche du donjon, l’ensemble se dégage dans toute son harmonie avec une vaste terrasse donnant sur la ville de Valençay et les vignes  bien alignées.
Entrons à l’intérieur : après un grand vestibule Louis XVI, se déroulent la galerie consacrée à la Famille Talleyrand-Périgord avec les portraits bien connus, les salons d’apparat avec un somptueux mobilier Empire et la table dite du Congrès de Vienne, lourde de souvenirs et de secrets sans doute, la salle à manger et l’appartement de la duchesse de Dino.
A l’étage, l’appartement de Mme de Bénévent, la chambre qu’occupa Ferdinand d’Espagne et encore une grande galerie. L’escalier d’honneur nous reconduit vers la sortie et aussi vers les cuisines bien équipées de batteries de cuivre, et d’une bonne cuisinière venue d’Allemagne sur commande de la Duchesse de Dino.

 

Dans la cour nous retrouvons les amis allemands de Posterstein qui concluent avec nous un voyage d’une petite semaine en France.
La Présidente rassemble les adhérents et amis et nous conduit vers un joli petit théâtre 18è récemment  restauré dans ses décors d’origine. Talleyrand l’a fait construire pour distraire ses hôtes espagnols. Là, nous devions entendre une conférence de M. Emmanuel de Waresquiel sur un thème  de circonstance  « Talleyrand, prince de Bénévent ». C’est en 1806, il y a 200 ans, que Napoléon octroya à Talleyrand, le titre de prince de Bénévent.

Malheureusement M. de Waresquiel, empêché, ne put donner sa conférence, dont le texte fut lu par le secrétaire Pierre Combaluzier. La Présidente ouvre ensuite l’assemblée générale, remercie les invités, le conservateur du Château et traite de l’ordre du jour.

 

Nous repartons vers le château maintenant éclairé par le soleil couchant, et un apéritif est servi dans un salon attenant à la salle à manger du Prince de Bénévent où la grande table de 38 couverts est dressée avec chandeliers et surtouts de tables en fleurs, d’autres tables complètent le décor
Sous le regard de Louis-Philippe en grand tenue, chacun s’installe à son gré, et tout en discutant, déguste le menu « historique » préparé par un traiteur d’Amboise. Cet élégant homme vêtu de blanc et d’un béret à la claque qui s’est fait une spécialité des menus historiques, vient annoncer ses mets délicieux en déclamant un poème tourné par ses soins. Il restitue pour nous l’ambiance que devait donner le cuisinier Carême aux hôtes de Talleyrand, il a refait aussi avec ses jeunes servantes la pirouette du saumon.
Enfin, la journée s’achève après l’échange de cadeaux avec les amis allemands, la pleine lune en éclairant encore le château et ses jardins contribue au charme du moment.

Le lendemain matin, un nombre plus restreint d’adhérents se retrouve au château de Bouges situé à une vingtaine de kms de Valençay. D’allure Trianon, construite par l’architecte Gabriel en 1760 dans le style italien, cette demeure a fière allure  en face d’un parc à l’anglaise de 80 hectares, avec de beaux jardins sur chaque façade, ses proportions sont modestes et l’on dit que Talleyrand fut séduit par le caractère intime des lieux et qu’il l’acquit en 1818 pour l’offrir à sa nièce, la Duchesse de Dino. L’on dit  que la Duchesse ne s’y plaisait pas et ne l’habita pas.


Enfin, après divers occupants, Henri Viguier, Directeur du Bazar de l’Hôtel de Ville, l’achète et avec son épouse, reconstitue le mobilier d’époque et y installe une importante collection d’objets d’art. Maintenant, c’est un monument national  complété par des écuries, une sellerie et un musée de voitures hippomobiles.

Après une étape réconfortante, dans une auberge de Rouvres, pour déjeuner, le groupe se disperse et ceux qui ont encore un peu de temps pour profiter de l’invitation de M Pierre Guimbretière, se rendent  au moulin de Méray, situé au pied du Château de Valençay.


Ce dernier et son épouse, Marie-Claire, nous accueillent agréablement et nous expliquent (fiche à l’appui) l’histoire de ce moulin. Il a suivi de près la vie du Château à travers ses divers possesseurs , les Bénédictins, les Templiers, les Hospitaliers et après, la famille d’Etampes et enfin en 1803, Charles-Maurice.
La roue extérieure, bien restaurée, est très visible mais le bruit de l’eau ne s’entend plus car le moulin a cessé de fonctionner en 1959 et a été transformé en résidence secondaire.

Chacun s’attarde pour continuer la découverte des lieux, et profiter d’un chaleureux soleil  tout en partageant les sympathiques bouteilles offertes par M  Hofmann, à l’effigie de la Duchesse et aussi de Metternich, (clin d’œil de Sabina).

Mais il faut partir, reconduire certains au petit train et clôturer ces deux bons jours passés en agréable compagnie grâce au Prince de Bénévent avec qui nous fêtons cette année encore un nouveau bicentenaire.

28 octobre 2006

 

Photos d’origines diverses, reproduction autorisée.